Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

A hauteur d'enfance

2 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Mots et vins d'avant

A hauteur d'enfance

Je ne suis qu'un amoureux du vin, je vous parlerai donc...A hauteur d’enfance,

Parce qu'à cet âge, on ne parle pas de vendanges tardives, de VDN, de balades hongroises, de sucrosité quand on se penche au dessus d’un fût, ou quand on inspire au dessus du goulot effilé de ces flacons de taille raisonnable.

On se sent bien, on ne s’explique pas pourquoi. Peut-être cette forme presque maternelle sans épaules qui nous rassure.

A l’âge où l’on ne peut pas encore goûter, on approche son nez. Et, le sourire aux lèvres on parle de « parfum » de raisins secs, de ceux qu’en d’autres temps nous aurions pu avoir dans un petit sachet au fond d'une poche. Quelque chose de sec et frais à la fois, surtout pas de ces raisins d’aujourd’hui que l’on doit réhydrater.

A hauteur de pré-adolescence, on pourrait y déceler des notes chocolatées de vrai noir. Fini le chocolat au lait, c’était avant !

Les années s’écoulant, aux « odeurs » précédentes s’ajouteraient des flaveurs de liberté, de tabac et de premiers voyages. Elles s’inviteraient à nos narines et enfin en bouche comme un premier baiser.

A hauteur d’adulte, les mots de connaisseurs nous éloigneraient de tout cela. L’acidité ne serait qu’une froide « colonne vertébrale » pour jus d’une sucrosité certaine.

Enfin viendrait le bel âge, bien avant 50 ans fort heureusement ! celui où l’on aurait rien à prouver, où l’on ne chercherait plus qu’à se retrouver.

En goûtant cet instant, il n’ y aurait plus alors que plaisirs et nostalgie, « réminiscence » de couleurs de soleils couchants, de toits orangés de Cappadoce (là où sèchent les abricots), d’aromes de fruits secs, de cannelle, de miels, de feurs sauvages, de pommes ou de poires ou de fruits rouges compotés, un goût de noyaux suçotés, une douceur de main tendue, un sourire étranger qui balaie les frontières, une langue inconnue qui nous parle, la vivacité d’un clin d’œil comme une cuvée de grain noble.

Nous pourrions prétendre avoir approché une certaine éloge du temps qui passe, d’une vieillesse assumée et/ou d'une enfance retrouvée.

Alors, nous serions revenus à Hauteur d’enfance.

Tout ceci ou presque je l’ai perçu dans une 50 cl.

Vous ne la trouverez pas, je ne la retrouverai plus. Elle est pour toi, Laurent.

C’est le vigneron Sébastien Gandubert du domaine « Closerie de Belle Poule » à Thouarcé (49) qui l'a produite à ma demande.

Lors de la mise en bouteilles d’une barrique de 225 litres de son ch’nin en vendanges tardives « Grain noble ».

300 bouteilles de 75 cl étaient prévues où s’est immiscée une 50 cl certifiée sans soufre ajouté.

Je tiens à remercier ceux qui m’ont aidé à rendre possible ce présent : Monsieur Alexis Bijaoui (futur grand régaleur de papilles) pour l’invit’ à la mise, Arnaud Septime (http://www.mistelle.fr/) pour les photos et pour avoir garder le secret, Bruno Bessoncaviste "Aux cépages d’Ermont" (http://auxcepagesdermont.jimdo.com/) pour le don d’une 50 cl qui en son temps logeait l’un de ses premiers essais vinique « le vin des Oufs 2002 », Sébastien Gandubert, Mickael Lemasle - caviste de "Crus et découvertes", rue Paul Bert à Paris et …mes petits cépions qui ont guidé mon inspiration

Note de Caillou - Buveur de poèmes : Ce texte peut être considéré comme le premier consacré au vin, à l'humain, à l'amitié, à la vie. Il fut écrit en Octobre 2012 pour fêter un ami, mon parrain dans le vin : Laurent Baraou (http://www.laurentbaraou.fr/) homme aux multiples vies, homme de vins et de passions. Je pense aussi à lui en transférant ma mémoire sur ce blog.

A hauteur d'enfance
A hauteur d'enfance
A hauteur d'enfance
A hauteur d'enfance

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article