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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

Un colombier cache parfois quelques lettres

24 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

M.

Tu es celle qui s'est éloignée, au volant d'une voiture. Avec des choses à dire et à écrire. Tu étais les deux mains qui allaient ajouter leur style à celui de Coeur fidèle. J'ai cru l'histoire finie. Quelques jours plus tard, tu correspondais avec moi.

Tu as tant à dire.

Et puis, hier soir, j'ai eu ce message sur mon répondeur téléphonique où tu me disais que le temps était venu de partager tes mots... Le temps d'adoucir les tanins de deux hommes aux nombreux goûts en commun... Ces dernières semaines avaient fait leur oeuvre.

Coeur fidèle t'a donné son accord sur ces riens de précis mais où tout est intime.

La tristesse d'une séparation a laissé place au vol d'une colombe porteuse de messages...

Un colombier cache parfois quelques lettres

"Oh que non tu n'as rien oublié...

Toi, l'homme, tu fleuris enfin... Le printemps dans l'hiver. Tu crois que nous dormons, que nous n'acceptons que quelques coup de Felco en attendant de t'offrir nos fruits. Tu te trompes, là encore.
Comme nous, tu deviens éternel, comme nous tu acceptes d'être enfermé dans un flacon...
Quoi de plus, finalement ? N'est-ce pas la vie, n'est-ce pas là le sang de la vigne ? Pousser,
fleurir, porter le fruit, l'offrir, mourir... Dans une bouteille... A l'abri des regards et
de la lumière, pour revenir à la terre...

Terre pour ne pas se taire !
Tu es enfin, la terre, le cep, la feuille, le fruit, le ciel et l'eau... Tu brûles d'amour enfin... Tu
vas extraire le nôtre...
Le chant ne pourra plus s'éteindre. Tu chantes, elle chante, nous chantons, en coeur.
Enfin tu ouvres les yeux, enfin tu ressens la soif...
Nous y sommes : la soif, ne faut il pas la connaître, la ressentir, dans chacune de ses cellules pour étancher le monde.

Si, tu es enfin libre, et par là tu nous libères. Accepte de nous voir telles que nous sommes,
des plantes, aux regards intenses, portant le vert à l'espérance, portant le vin au coeur et le
coeur aux lèvres. Chante pour nous vigneron, chantons et que chaque molécule se charge
d'émotions, explose en chaque être.

Sois fier, Vigneron...

Ton vin devient céleste et guidera vers des rivages inconnus, vers des berges de plaisir.

Sublime l'inconnu.

Surprends toi, surprends nous.

Abandonne toi, comme nous nous abandonnons à vous.

S'en remettre... Toujours.

Viens donc quand le poids du papier sera trop lourd...

Te rappeler à notre contact que sans chlorophylle, rien ne serait... Ce poids n'est qu'un jour, qu'une heure, qu'une minute en comparaison des siècles.

Sois grand, n'aie crainte.

Aime nous comme nous t'aimons.... Mêlons nos sangs, Vigneron, nous sommes de la même race.

Osons le croisement des genres. Inventons le sur-greffage universel.

Rendons au monde ce qu'on lui doit...

M."

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Patricia Genneret 27/03/2015 15:55

Merci pour ce partage Franck.