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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

Vivre sa vigne

5 Mai 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes

Création de Rémy Bousquet
Création de Rémy Bousquet

Mars 2014

Rupture d’anévrisme, colère, incompréhension, attente, espoir puis Anne Graindorge n’est plus.

Larmes, proches noyés sous le flot d’hommages, réseaux sociaux, voyeurisme, souffrance, silence.

Anne n’est plus là et je veux qu’elle existe.

Très vite, des mots. Certains ont dû voir d’un mauvais œil toutes ces phrases, je m’en excuse et m’en excuserai à jamais. Je ne suis que son dernier amour. Pendant que je buvais ma douleur, il y a eu tous ces gens qui ont voulu témoigner leur affection à Anne. Je n’ai rien su au début de ce qu’il se passait :

http://https://lapinardotheque.wordpress.com/2014/03/28/le-vin-danne/

L’introduction au texte de Sandrine Goeyvaerts a été ajoutée à ma demande dans les secondes qui ont suivi la première publication de son billet. Quelques secondes ! Des voyeuristes, je crois avoir été le premier. Je voulais savoir jusqu’à quel point Anne était aimée. Je voulais… Je croyais… Je ne savais plus.

L’idée a toujours été là depuis le début : véhiculer la philosophie d’Anne, se réjouir de la vie, faire découvrir au travers d’une parcelle de vignes le goût, le vin, les saisons, la terre, l’humain à celles et ceux qui ne savent pas, qui découvrent, qui n’osent pas.

Au début, j’ai pensé adulte.

Avec l’aide sans failles de mon amie Charlotte Paressant, je me suis mis en tête de trouver des vignes, de faire « le » vin, celui de M’Amuses, celui qui serait le vecteur de ses idées. Nous avons pensé créer une association loi 1901. Tout devait être transparent. Beaucoup de personnes nous ont supportés pour le projet. Peu ont eu du temps à consacrer à sa conception.

Trouver un trésorier, trouver des membres, une présidence… Trouver un trésorier.

L’association n’a pas vu le jour. L’argent sur le compte n’a jamais été utilisé à ce moment là.

Toutes les sommes récoltées devaient servir dans un premier temps à la mise en place de cette entreprise, en réinvestissant auprès de quatre vignerons amis. Par quatre cuvées différentes, deux de chenins, deux de cabernets francs, nous souhaitions par la vente de vin « hommage » faire rayonner le vin d’Anne et ainsi obtenir des fonds supplémentaires nécessaires à l’achat d’une parcelle de vignes.

Je vous passe les détails administratifs, la distance qui me séparait de ma chère Loire (j’habite en banlieue parisienne) les contraintes de temps (allait on acquérir des vignes ou planter ?) et la volonté d’agir assez rapidement pour qu’Anne soit toujours « présente » en nos mémoires. Passons les tentatives de rendez-vous avec ces vignerons qui voulaient tout donner mais qui avaient leurs vins à produire.

Mon chagrin ne m’a pas permis de percevoir de suite l’ampleur du projet. Je suis un rêveur, là est ma chance et ma limite. Je ne vois pas rapidement les contraintes chronophages et financières.

Et puis un jour, j’ai pensé enfant.

Charlotte était encore là. Pourquoi ne pas faire une vigne éducative ? Peut-être même qu’un jour un vin pourrait s’y faire ?

A partir de ce moment, tout s’est emboité : la pérennité des idées, des écrits ; la tolérance entre les différents courants de la viticulture, la découverte du travail d’une vigne au fil des saisons.

Il y eut une idée de jardin, de parc.

Les proches seraient venus se recueillir mais surtout voir des idées y fleurir. Des écoles, des familles viendraient là découvrir en s’amusant. Des événements pourraient s’y dérouler comme le ramassage des bois, la taille, une vendange et une mise en bouteille… qui sait ?

Un jardin, un parc n’évoquant pas trop le monde du vin, on pensa « Clos »

Je dis « on » car à ce moment là, Pierre-Antoine du Château de la Viaudière vint m’apporter une aide précieuse. Disons que son pragmatisme a beaucoup fait ces derniers mois !

« Elle parlait des vins avec beaucoup de poésie… ».

En repensant à cela, il m’a paru évident que la vigne ne suffirait pas.

Il y a les écrits d’Anne qui ne doivent pas se perdre dans la Toile, le souhait qu’il puisse y avoir une édition. Il a fallu découvrir les droits d’auteur, ne pas oublier un jour de demander l’autorisation auprès de la famille avec qui je n’ai plus contact.

D’une idée de recueil, j’ai abouti au souhait qu’il pourrait y avoir des panneaux reprenant certains de ces textes dans ce clos. Il pourrait y avoir des lectures, des contes autour du thème de la vigne et de ses orfèvres.

De là, il n’y avait qu’un petit pas à franchir vers l’exposition de sculptures en pierre de tuf’, œuvres que je souhaiterais pour les premières de Valérie Herlin épouse de Laurent. Son univers est si proche.

Voir tout ceci, ne pas oublier la vie avant tout, nous amenant également aux clichés de vignes et de vignerons, pour le début de l’aventure, pris par Jérôme Paressant et Pascal Avenet.

Il y aurait une vigne, des hommes, des femmes, des enfants, du plaisir, un avenir, des idées en mouvement, « vivre sa vigne »* comme plus bel hommage.

Demain, il va y avoir ce rendez vous qui je l’espère permettra la concrétisation de tout ceci.

Vous avoir écrit cela me conforte dans l’idée que ce lieu existera, que je pourrais déléguer beaucoup de ce projet et le laisser vivre dans d'autres mains.

Franck Kukuc

5 Mai 2015

In "La rivière à l'envers" de Jean-Claude Mourlevat.

In "La rivière à l'envers" de Jean-Claude Mourlevat.

Pour savoir qui est Anne http://www.annegraindorge.fr/p/je-suis.html

* Vivre sa vigne est une référence à l’émission « Vis ta vigne » qu’Anne anima à Radio G (station émettant d’Angers)

Tous mes remerciements aux 54 participants à la cagnotte Leetchi, à celles et ceux qui ont participé à la première cagnotte de Bruno Besson (merci Bruno de me faire parvenir les coordonnées des participants)

aux « quatre » Laurent Herlin, Pierre-Antoine, Xavier Amirault, Alcofribas (Etienne Dutheil, Alexandre Poutrain, Eric Ployet),

à Charlotte Paressant et Arnaud Septime,

à Bruno Besson et Sandrine Goeyvaerts, Stéphane, Maïlys Ray,

à Rémy Bousquet, à la ( ),

à Pascal Avenet et Philippe Hadef, respectivement photographe et rédacteur en chef au Magazine de la Touraine

à celles et ceux que j’aurais pu oublier.

à Laurent Herlin encore pour tout ce qu'il a pu mettre dans une barrique cerclée de bleu

à Frédérique.

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Marie-Do Bradford 05/05/2015 18:00

Contente que l'idée de départ soit toujours là, pour que ce qu'Anne aimait soit aimé par d'autres. Merci Frank !

Franck 11/05/2015 09:06

Toutes les idées et relais en communication seront les bienvenus. Merci Marie-Do pour ce que tu es et pour ces quelques mots.

Katty Dendal 05/05/2015 15:49

C'est juste beau, émouvant, sincère...la Vie passe hélas, mais le beau demeure ainsi que nos sentiments...

Franck 11/05/2015 09:35

Merci Kate. Ce sera j'espère un endroit où nous nous verrons.