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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

Un homme qui n'a pas vécu la nuit ne peut pas savoir

1 Août 2017 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #La clef et le tire-bouchon

Se rencontrer dans l'immensité.

Se rencontrer dans l'immensité.

Avant la clef, il y a eu les nuits. 

Les nuits longues où le lever du jour n'apaise pas le coeur. Où la solution est derrière la porte de nos obligations, de nos devoirs envers nos parents, les moitiés qui partagent notre vie, le couple, les enfants. Oui, jusqu'à cette clef que nous décidons de saisir, nous partageons notre vie et beaucoup d'entre nous ne vivons pas entier, pour nous-même.

La nuit est douce pour celles et ceux qui dorment, pour les autres qui font briller les villes, ailleurs les cieux de joies, d'oubli de soi jusqu'au petit matin. Pour les autres, c'est l'attente, les idées en cascades, ça coule et jamais ça ne s'arrête. On fait plaisir, on n'inquiète pas. Absent de son propre destin jusqu'à cette nuit.

La nuit où il a pris cette clef, grande et pesante de souvenirs. Grande surtout dans la main de ses aieux quand il était petit. Pas dans la paume de papa, loin de tout ça. Clef pesante de toutes les mains qui l'avaient tournée dans la serrure de cette porte qui abritait l'histoire de deux arrières grands-pères. Des hommes proches de la terre, de celle-là qui se marie aux vents marins, de celle qui accueillait autrefois des bergers et leurs moutons. Un terre sans cyprès, plus aride. Il y a longtemps, il y avait eu le vin de la famille derrière ces murs épais de pierres. Il y a quelques années, c'était seulement du jus pour la coopérative. Sans sens, sans personnalité, amené à se diluer. La masse et puis c'est tout.

Ne plus être dilué, exister. Le vin, l'homme. L'homme, le vin.

Jusqu'à cette nuit où il s'est couché dans la poussière des passés, la phrase n'avait pas eu encore tout son sens. L'ancien métier ne mettrait plus de bâtons dans le roues. Fini l'imprimerie. Oh oui, se faire plaisir comme au temps de l'enfance, des petits boulots d'ados, employé volontaire des champs.

"Un homme qui n'a pas vécu la nuit n'est pas un homme..."

Les nuits seraient bientôt courtes. Là, dans son pays choisi, il fallait vendanger tôt.

 

 

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Buveur de poèmes 01/08/2017 15:51

Merci pour ce commentaire Quitou. Le plaisir va se dévoiler au fil des épisodes. Il faut juste ménager un certain suspens ;-)

Quitou 01/08/2017 14:33

Et cette clé, chacun l'a à portée de main, y compris le Buveur de poèmes dont j'ai tant de plaisir à découvrir les mots, aussi sinueux soient-ils.