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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

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Ma candidature spontanée

30 Novembre 2016 , Rédigé par Buveur de poèmes

Ma candidature spontanée

 

Toulouse, Fronton et Gaillac, les tous proches de Carcassonne m'appellent.

Je n'ai pas de diplôme de comm' mais une envie que ces appellations bougent et que je bouge avec elles.
Ce que je sais faire aujourd'hui c'est communiquer sur le vin, rassembler, partager via la vente en cave, via les salons où je représente des vignerons, mettre en avant les vins en allant ponctuellement à la rencontre de cavistes et de restaurants. Je me vois plus dans ce dernier cas comme un passeur d'affaires que comme un agent.

Mon souhait est de présenter le vin et les cépages locaux, le terroir et l'importance de l'homme qui fait le vin. Je suis certain que de plus en plus de domaines, quand ils en ont les moyens, voudraient développer des postes relatifs à l'accueil du public et un lieu dédié à la dégustation avec développement d'activités pédagogiques et touristiques autour de la vigne et du vin.
Fort à l'oral je peux egalement écrire, utiliser les réseaux sociaux, le web, organiser des événements au sein d'un équipe motivée qui me montrerait le chemin, aller à la rencontre des oenotouristes (par contre, je ne maîtrise pas l'anglais) des consommateurs...

Je voudrais trouver un emploi et non une activité free-lance où pouvoir exercer mes talents exposés ci-dessus.

Et si au début et même pour un long terme, une cave est intéressée par cet exposé je serai là.
Je vis pour tout cela et j'aimerais en vivre décemment.

 

Je vais quitter Paris.
Ce sera pour début 2017, dans les premiers mois.

Ce ne sera pas Janvier car pour le moment il n'y a que des vibrations mais rien d'installé. 
Je vais être clair, ce n'est que lorsque j'aurai trouvé un poste stable que je m'installerai dans ce Sud que j'aime. Pour le moment, ce sont des allers-retours.

Quelques contrats en cours, je suis prêt "à toutes éventualités" dès Janvier.

Merci à tous ceux qui avaient partagé la première fois ma candidature spontanée via le réseau Facebook, via son propre réseau (Merci Elise Lemoine ;) )

 

P.s :

Si utilisez Linkedin, merci d'avance de m'inclure dans vos relations. Et par la même occasion, peut-être pourriez-vous me recommander ;)

 

Thanks a lot

Votre buveur de poèmes

 

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On s'enrichit des habitudes que l'on n'a pas

4 Octobre 2016 , Rédigé par Buveur de poèmes

Tour d'avenir

Tour d'avenir

Reflets
Reflets

"Sortez de la rentrée !"

Ce fut une belle expression que je m'empressais d'adopter en prenant le train pour Montpellier ce maintenant lointain vendredi 2 septembre. « Sortez de la rentrée », pour vous éclairer, c’était le titre de la soirée-dégustation chez Laurent de la Cave du Boutonnet à Montpellier. Ce sont des mots qui m’ont habité durant tout mon séjour chez Vincent.

Ce vendredi matin-là, quand le train est sorti de Paris, il y avait dans mes bagages quelques vêtements usés pour les vendanges et surtout beaucoup de doutes existentiels, d'attentes et d'espoirs.

Fin juillet, j'ai arrêté d'être employé marchand de vins chez De Vigne en ville. Tous mes efforts de communication ont donné l’impression à beaucoup que j’avais ma cave. Mon job, c'était de faire décoller les ventes de cette cave. Mon objectif c'était aussi d'"imprimer" ma personnalité. Car si on va chez un caviste plutôt qu'en GD c'est pour y trouver un vin, un conseil mais aussi une proximité d'écoute et d'affinités. Partager, écrire, animer, représenter… Finalement je n’ai jamais été clair et personne n'a su et ne sait encore ce que je fais exactement.

J'ai été et suis Buveur de poèmes. Et en ce mois de septembre, j'entrais dans beaucoup de cases.

3 heures 30 à traverser la France. C'est comme si c'était hier, aujourd'hui...

A penser et à « réseauter » pour fermer les yeux sur ma réalité. Je veux vivre de ma passion et dans un premier temps je vais faire des remplacements de cavistes, de vignerons en salons. Je vais présenter, en mots et en verres, au public les vins que j'aime ainsi que le paysage et le travail des vignerons que j'apprécie. Je ne me sens pas être agent même si des amis de la vigne me le demande. Je me vois plutôt comme "passeur d'affaires" avec des commissions à la clef. J’ai mes petits chérilous à Paris, mon amour à Toulouse. J’ai un travail à trouver… qui devra être lucratif… avec des moments à vivre sans jamais me perdre pour eux, pour elle. Je veux faire ce qui est juste pour moi avec elle, avec eux. Je pense sérieusement à postuler pour une appellation des environs de la ville rose, pour un poste de communication. J'ai commencé à faire marcher le réseau. Je vais refaire mon C.V.

J’ai mes mots, mon empathie, mon idée de rassembler et face à moi ma réalité écartelée.

Montpellier. Je descends du train et je sors de ma « rentrée ». La nouvelle gare est magnifique. En fait, pour moi, elle est nouvelle car cela fait trois ans que je ne suis pas revenu dans cette ville. Il fait chaud. Bref !

Maintenant, c’est vendanges chez Vincent Bonnal. Je ne vais vivre que cela. Il est là et malgré son calme apparent, je le sens bouillonner. « Il y a tout à faire et rien n’est prêt ». Je souris, je vais m’immiscer dans son univers.

C’est la fin de l’après-midi et avant que je rencontre les raisins du Domaine de Pélissols, nous sommes attendus à la cave du Boutonnet chez Laurent où « la vérité revient au goulot ». Encore une heure et la clientèle va s’animer autour des millésimes précédents de Vincent, des blancs, brosés (rosé avec macération de 36 heures « à la manière d’un clairet ») et rouges.

Vincent téléphone pour trouver d’autres bras. Les degrés montent à Bédarieux. Personne ne s’attendait à cet énième caprice de Mère Nature : Allons-nous vraiment devoir vendanger les blancs puis les rouges dans une immédiate foulée ?

Je fais connaissance avec Laurent, ancien agent de voyage, reconverti. Cela va bientôt faire deux ans qu’il a ouvert sa cave. Ici, tout est cohérent avec le discours. C’est bio, bio-dynamique et nature. Et dans les boiseries dessinées par monsieur, les prix affichés font penser que nous sommes chez les producteurs. Comme si Laurent ne se faisait pas de grosses marges, comme s’il ouvrait son lieu « juste » pour le plaisir de voir s’accorder les palais montpelliérains avec le meilleur de toutes les régions et pas seulement du Languedoc-Roussillon.

En cela, il a mon estime comme je l’ai envers ces hommes et femmes qui nous donnent leur meilleur sans exposer leurs soucis.

Je me sens toujours caviste. Il y a ces curieux, ces clients qui demandent à voir, à boire ce qu’ils maîtrisent. Ils sont là, ne connaissent pas le vigneron et/ou les vins. Mais non, ils ne veulent pas goûter ce qu’ils ne vont pas aimer. Ils en sont certains. Et pourtant, ils sont venus pour découvrir. C’est drôle les clients. Je sais que je ne vais pas pouvoir m’en empêcher. Je suis chez Laurent, à la soirée des vins de Pélissols. Je sais, par exemple, que le Brosé de Vincent, c’est tout sauf ce qu’ils n’aiment pas. C’est une couleur vineuse et pas seulement une teinte qui t’invite à un barbecue. C’est une envie de soirée à l’aveugle où l’on perdra ses repères et ses convictions. En résumé, ce n’est pas du rosé c’est du vin, de ceux qui font parler.

Oups, c’est écrit ! Mais comme dit l’ami, il faut parfois « les « violenter » pour qu’ils tendent l’oreille ».

Je parle, nous échangeons. Je fais goûter, ils achètent. Il y a de vraies rencontres et de simples passages. Il y aussi des retrouvailles pour Vincent et moi avec des amis de la région. Avec une rencontre, il y a même un peu de Chine et du passé œnologique de Vincent dans cette soirée…

La soirée achevée, c’est l’emprunt de petites routes dans la nuit. Vincent est prudent. Nous avons fait une dégustation, nous avons bu. Et ce n’est pas le moment d’être contrôlé. « Il y a tout à faire et rien n’est prêt ».

Je souris, je me sens padawine à cet instant.

# Règle première : dormir dès qu'on le peut.

First day avec Vincent Bonnal : Le stress, être prêt dans le chai

Samedi 3 septembre, tôt le mâtin.

Nous voilà, au pied de l’immensité. L’immensité de caisses de cerises, plastiques vides et poussiéreux. C’est pratique pour transporter le raisin. Emboitées, les caisses attendent le nettoyage. De l’eau, une solution diluée pour faire fuir les bactéries, une brosse à poils rouge et une autre verte fluo avec cette inscription qui ne m’a fait rire que le premier jour « Tu peux te brosser, Martine »

Penser à lâcher prise... C’est le moment, non ? Mouille et Brosse !

De quoi demain sera fait ? Brosse, désinfecte !

Vais-je y arriver ? Brosse, rince, emboîte !

Penser à lâcher prise… Le soleil brille sur les cagettes et irise les gouttes d’eau… Il faut que je me souvienne de cet instant poétique…Photo, il faut… Non, brosse !... Tiens, la phrase d’Iris Rutz Rudel, vigneronne à Lisson (pas très loin de Bédarieux) qui traverse mes pensées « T’es quand même pas chez un "petit bricoleur" dernière mode mais dans un domaine avec une tradition dans la région, qui a une base solide de connaissance et pratique de père en fils, où l'évolution sur des méthodes plus "naturelles" et leur marketing adapté s'ajoute à une bonne base de métier » (ça peut paraître long comme pensée mais c’est un vrai commentaire reçu d’Iris)… Je me rappelle cette phrase et bien d'autres qu'elle m'avait adressé en des temps plus tristes... Un passé, une autre vie... Rince… Ne plus penser.

Mâtinée passée, sandwich croqué au soleil, baskets trempées qui veulent sécher au soleil, lectures de messages et appels téléphoniques pour Vincent en recherche de bras pour dimanche et les jours suivants.

# Règle deuxième : Tu expliqueras à ceux qui pensent que si certains vins naturels sentent "la ferme" ce n'est pas par manque de nettoyage. Il y a d'autres raisons.

Tu pourras dire qu'il faut beaucoup d'eau pour faire de bons vins.

Je continue à brosser, rincer en début d’après-midi. Et puis, nous entrons dans le chai. Je regarde Vincent, bouger des tuyaux (des manches), prendre des clefs pour visser, dévisser. J’attend, regarde. Et les toiles d'araignées ondulent sous les courants d'air. Oh, il n’y en a pas beaucoup juste quelques-unes nées de la différence de température entre la cave et l'extérieur. Près de deux grandes portes en bois sombres, sous les souvenirs de parts des anges et les toiles d’araignées ondulantes, nos mouvements d'impatience réveillent la cave.

C’est là que je commence à comprendre l’essentiel de cette journée : la cohabitation entre l’agitation et le calme. Attendre que la pompe transfère le vin d'une cuve à l'autre. Libérer de l'espace. Vérifier les cuves béton. Attendre que le suif (sorte de mastic alimentaire) et le joint s'épousent et que la porte en fonte vissée en croix annonce le verdict. Si ça fuit, il faut vite aviser. La porte en fonte peut rompre si elle est mal vissée. Et ce seront des litres d’hectolitres perdus.

Attendre et pendant ce temps il fait 40 degrés dehors. 40... 40 hectos à l'heure. Pompe ! Petite pompe. Les degrés montent dans la vigne !

Bouger les tuyaux d'une cuve à l'autre et entendre le ressac du vin. Et pendant ce temps, des gens sont à la plage pour ce premier week-end de septembre. Puis, c'est la récupération de toutes les lies à transférer dans une autre cuve et la promesse d’une autre attente. Attendre la venue d'un camion qui viendra pour la distillerie qui transformera les lies en alcool ménager par exemple (Les déverser dans la nature ce serait asphyxier la faune aquatique, les lies pompant l'oxygène).

Pompe, petite pompe.

Ne plus penser, ne plus penser qu’à briquer, détartrer, rincer, faire circuler sous pression une balle de mousse tel un goupillon à l'intérieur des tuyaux, graisser à l'huile alimentaire les mécanismes, être prêt dans le chai.

Ah si penser encore à deux trois très belles choses : Mes enfants, mon amour, les vignes avec qui je vais enfin me « frotter » dimanche.

Fin de l'épisode 2

A suivre... si vous le voulez bien

Ce billet est dédié à mon bel Ami Quitou Cools, passeur d'émotions viniques en Belgique. Ta phrase est mon titre.

Si tu savais... Mais tu sais déjà tellement.

Adresses utiles :

  • Chez Laurent – Cave du Boutonnet

Adresse : 57 rue du faubourg Boutonnet

34090 Montpellier

Email : contact@caveduboutonnet.fr

Tél. : 09 83 38 34 50

  • Iris Rutz-Rudel - vigneronne

Lisson

34390 Olargues

Va,boule de mousse. Va, là où nous ne pourrons aller.

Va,boule de mousse. Va, là où nous ne pourrons aller.

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Chai Vincent Bonnal, je me suis senti padawine

28 Septembre 2016 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Chai Vincent Bonnal

Je ne savais pas...
Je ne savais pas...

Entre St-Chinian et Faugères, existe Bédarieux. Il y a Vincent Bonnal, là-bas.

Ici, le soir où tout a commencé c'est encore un peu le 1er septembre.

Je suis chez OVNI, la belle cave d'Axel qui fait bouger les rues d'Amélie Poulain depuis un an. Je fais mon poète avec Somni 2013, le blanc de Manu - Cami des Songes, avec le troublant naturellement doux de Flo' de Clos de Miège. Je veux placer ces vins chez l'ami barbu. On rit ici avec Axel et aussi avec mon sensible et fidèle, mon classieux Jérémy Steven Hawkins (lui sait dire ce que je n'ose qu'écrire). Je guette les claquements de langue, les regards qui s'arrêtent.

Je ne suis plus caviste employé chez De Vigne en Ville. Je suis toujours marchand de vins. Je propose des remplacements de cave, toujours prêt à tenir un stand de salon pour un vigneron qui voudrait ne pas s'éloigner de chez lui.

C'est encore un peu le 1er septembre et je suis le buveur de poèmes. Je jongle (parfois mal, désolé mon Axel) avec les magnums. Je suis encore un peu touriste, vacancier... gorgé de souvenirs d'été en famille, d'amitiés belges, de doux moments avec mon Elle.

J'ai des souvenirs d'été d'il y a un peu plus d'un an aussi. Un déroulé d'étoiles le soir venu, une route caillouteuse et pentue qui mène à la maison de Vincent, des réminiscences de sa main qui griffe sa terre et me la fait sentir vivante ! Des papillons en plus grand nombre que les abeilles pourtant présentes. Un tas de pierre, un abri d'un autre temps, en plein milieu d'une parcelle, sublime le bleu du ciel. A Bédarieux, comme à travers les anneaux nantais de l'artiste Daniel Buren, mon regard est changé. Je me dissous et vois mieux les détails. Oh oui, cette parcelle de muscat me "montre l'essentiel et le devenu invisible".

22 heures 27 l'écran de mon portable s'allume. Le message de Vincent."Je pensais ne pas te faire faire grand chose, finalement tu vas en chier". Je me souviens qu'il m'écrivait mi-août "Les rouges pas avant le 15 septembre, mais pour les blancs... Possible vers le 3-4 septembre. Faut que j'aille voir. Sinon, tu m'aideras à préparer".

Et puis c'est le post vérifié sur Facebook "Bon, finalement les maturités avancent très vite (à part le muscat), je pensais pas faire grand chose la semaine prochaine, ben c'est cramé. Du coup, va falloir mettre les bouchés doubles pour être prêt !"

Me voilà prêt à la rencontre avec la réalité vigneronne du Domaine de Pélissols.

Je publie sur mon profil que je suis "ready" et les messages d'encouragement commencent à arriver.

Bizarre, c'est la première fois qu'on me souhaite autant "Bon courage".

Fin de l'épisode 1

A suivre... si vous le voulez bien

Partir

Partir

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Et les voiles quittent la mer.

2 Août 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Mots et vins d'avant

Et les voiles quittent la mer

Et les voiles quittent la mer

Je regarde ces collines de vignes qui dominent la ville. Et les voiles quittent la mer pour s'installer dans les rues et nous faire de l'ombre. Collioure.

Voiles qui appellent un souvenir de dégustation où cette ville de bord de mer s'était invitée...

Mars 2013, Montreuil, salons des vins.

Il est là, à quelques pas. Une bonnet sombre de docker sur la tête, des rouflaquettes (j’adore ce mot tellement « hype ») ou plutôt un trait de poils courts qui souligne le côté rebelle du vigneron et surtout ses joues.

Je lui tend mon verre comme une main tendue vers lui. On va faire connaissance. Je goûte ses vins. Je me prépare à ce qu'ils me parlent de lui. Je couche des mots sur papier pour mieux me souvenir, préoccupé d'oublier les cépages, la façon de faire. Je m’aperçois que je ne joue pas. J’analyse mais sans plaisir. Alors, l'épouse du vigneron, jusque là silencieuse, ayant peut-être lu en moi, me dit : "Vous voulez jouer ? Eh bien goûtez ça !". Le regard est rieur. Je ferme mon carnet de notes. Il n' y aura pas de portrait photo. Je sens le nouveau vin versé.

Je sens et j'entre dans une maison pleine de rires, à l’heure où le soleil se couche, ses murs sont chauds du soleil de la journée (ce n’est pas un rosé mais d’avantage un rouzé). Il n'y a plus de rôle à jouer. Je deviens ordinaire pour laisser s'exprimer l'extraordinaire.

Ce qui est beau, c'est que je ne tiens plus compte de ma raison. Je veux la visiter cette maison. Je pousse une porte en mettant le liquide en bouche, traverse des zones d'ombres puis de lumières. Il y a des mômes avec les poches emplies de bonbons fruités (70g de résiduel, 14 – 15° de potentiel pour finir à moins de 10°).

Comme un souvenir de Collioure… Un parasol, mes amours, mes amis, une table et du foie gras poêlé avec une compotée de betteraves.

Je cherche l'évidence, le terroir… L'homme se marre, il sait que je vais me "planter". Car sur les autres vins secs, j’ai voulu parler cailloux.

Il sourit «Ce n’est pas une entité de cailloux, c’est un merdier».
Je ferme les yeux et ce sont mes autres sens qui s'ouvrent et s'offrent au mystère du vin.
Secrètement, je souhaite me tromper, être surpris, que mes acquis soient remis en question. Alors, je doute, je partage avec ce couple d'Anjou enjoué : ma langue se délie et je fais connaissance avec eux réellement.

Le Quart d'heure angevin

Joël et Christine Ménard - Domaine des Sablonettes

Le Quart d'heure angevin - Détail de l'étiquette

Le Quart d'heure angevin - Détail de l'étiquette

La lumière et le souffle - Zao Wou-ki

La lumière et le souffle - Zao Wou-ki

"Peindre,peindre, toujours peindre. Encore peindre le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle." a dit Zao Wou-Ki, peintre et ami de grands poètes du 20° siècle.

Touches de paysages, de cailloux, de lumières, de vents, de chaleur, de froids et de bienfaisantes ou satanées pluies, le vigneron nous offre un tableau impressionniste.

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Mistelle, misto, mystère

30 Juillet 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Mes poètes divins

Un soleil couché en bouteille.
Un soleil couché en bouteille.

Un soleil couché en bouteille.

Mistelle*, c’est le mot qui m’est venu lorsque la bouteille fut vidée.
Une bouteille livrée en mains propres par le facteur quelques jours plus tôt.
Un vin de Reignac accompagné de jolis mots de Nicolas Lesaint. Il me proposait de goûter une inconnue et pourquoi pas d’y trouver une poésie…

"Tu seras le premier, vraiment, à en boire, le premier extérieur à ce cercle proche qui m'entoure, je suis impatient à savoir si elle saura accrocher un vrai moment de vie"

Le matin du jour choisi, je plaçais le présent de Nicolas au plus bas du réfrigérateur. Plus précisément, je le couchais parmi les tomates rougies par un soleil de village français, le fenouil, une branche de céleri, des carottes, une pomme granny smith, du citron vert à zester, un dos de saumon fumé.

Oui, j’imaginais déjà un accord avec la couleur de ce soleil couché en bouteille. Quelles seraient les sensations, les notes aromatiques qui chanteraient une équipe, un terroir, un bordeaux qui ne veut pas être supérieur mais tellement plus...
La couleur ambre et dorée, le nom ne m'amèneraient pas vers une fin de repas. Non, c'est toute une chanson d'Higelin que j'espérais rencontrer dans ce flacon. "Encore une journée d'foutue" comme je les aime. Cela allait finir la journée et commencer une longue soirée sous les étoiles.

Finalement, je souhaitais à « Pitite douceur » (le nom de cette cuvée) d'être un appel à la nonchalance.
Prêt ?

En voyant la couleur, imaginant le verre pleurer par le choc thermique, je me rêvais avec « ma tigresse toute auréolée de ses tresses » enfoncés dans les coussins du canapé.
Le soir est arrivé. La chaleur caniculaire faisait des heures supplémentaires.

C’est là que tout s’est faussé.

Têtes à la renverse, peaux cherchant à s’offrir à une fraîcheur qui a oublié notre rendez-vous.

On commence sans rien de solides, des abricots tendres pas encore tout à fait secs s'invitent dans le salon. Je vois ce vin alors plus comme une cartagène. La chaleur sans doute, fausse mon jugement. Je regarde sur le côté et admire la restauration de son lit d’enfance, un pliant en fer forgé qu’elle vient de repeindre et d’habiller de jolis coussins.

Enfances, influences.

Voilà que je trouve des notes aromatiques d’écorces d’oranges. Je pense aux Sarments, à une alliance de chocolat noir avec la saveur d’orangettes. Je ne sens plus, je revois une orange piquée de clous de girofle au fond de l’armoire. L’armoire, je l’entrevois sûrement à cause d’un soupçon de cire d’abeille… Encore un scénario d’foutu, ma dégustation orchestrée qui se fait bousculer par la vie, par mon Elle qui ne va pas percevoir tout à fait les mêmes notes.
J’avais imaginé quelque chose un peu moins moelleux sûrement dû aux chenins que j’aime boire depuis un certain nombre d’années.
L’accord prévu ne se fera pas. Tant pis, je n’ai pas acheté de melon, ni de fourme d’Ambert, ni de feta. Tiens, on aurait pu s'attabler avec un carpaccio de melon, de la feta… comme un millefeuilles.

On passe dans le jardin, à la recherche d'une brise hypothétique. C’est un jardin commun aux locataires et propriétaires. Il y a là des arbres qui chantent d’insectes, des grenouilles se font entendre au loin dans cette rivière nommée Vendinelle qui n'est plus qu'un souvenir. Des roses donnent autant leur parfum que la beauté de leur forme. La bouteille pleure sous la chaleur. Et ça change nos verres. Une petite amertume en fin de bouche se révèle. Depuis le début, le sucre n’est pas un obstacle. On finira la bouteille surtout depuis qu’une ombre s'est dirigée vers nous... une voisine. C’est Régine qui s’amuse à la vue du chat de mon Elle qui se fait courser par son chien. Des rires bienvenus dans une fraîcheur nocturne tant espérée.
Nous l’invitons à prendre un verre. Elle aime comme nous. Elle y trouve des notes d’agrumes. Elle estime que « ça tape » un peu. On s’accorde sur un 15 degré.
Je lui avoue mon ignorance quand au cépage, aux cépages qui comblent ces papilles. J’y vois un assemblage de sauvignon et de muscadelle parce que le vin vient de Bordeaux. Oui, je sais, je lis trop.
Mon esprit se remet à galoper. Je n’arrive pas à me détacher de l’idée que ce n’est pas fait classiquement. J’ai envie de moût de raisin frais avec son sucre auquel le poète de Cabara aurait ajouté de l’eau de vie. « Eau de vie » que j’aime ces mots quand on les démêle.

Jacques Higelin a depuis longtemps fini sa chanson.
Le premier accord parfait.
Les étoiles piquent le ciel, nous sommes trois à parler, boire, rire et finalement ça me va très bien même si c’est loin de ce que j’avais imaginé.
Le deuxième accord parfait.
Il fait chaud et j’imagine une veillée de Noël où Nicolas serait avec sa Lilou, tout proches, à crayonner des rêves sous le regard attendri de Stéphany. Peut-être quelques orangettes confites, du chocolat, un peu de pâte de coing seraient à portée de main. Il y aurait une autre chaleur, celle d’un feu de cheminée. Et une autre chanson du répertoire du grand Jacques : « Ce qui est dit doit être fait »
Le troisième accord parfait.

Au fait, je ne vous ai pas dit ce que j’avais décelé au premier nez ? Un parfum de complicité entre un père et son enfant.

Il y a presque un an,
Sous une même chaleur, j'ai vu cet homme venir à ma rencontre.
Nicolas Lesaint.
J'entends encore les graviers sous nos pieds.
J'ai perçu la douceur instantanément, les questionnements, les prises de décisions dans la main qu'il me tend.
Tour dans les vignes, au volant,
ses cheveux aux vents et moi habillé pour la plage.
Des bambous qui ont leur place, un ponton qui marque mon regard, un bonsaï.
Un pigeonnier et des vins qui lévitent,
Un cliquètement métallique et l'imagination de Monsieur Vatelot en action.
Tout est sérieux et tout ne semble être qu'un jeu.
D'une des fenêtres, Nicolas me donne à rêver un jardin des senteurs comme j'en ai imaginé un pour ailleurs.

Mistelle* : de l’italien Misto (Mélangé) boisson alcoolisé à base de moût de raisin auquel on ajoute de l’eau de vie.
Ex. : Pineau des Charentes, Cartaghène…

Pitite douceur 2014
Château de Reignac
38 Chemin de Reignac
33450 Saint-Loubès

Précision au 30 juillet 2015 : Début juillet, un souci informatique ne m'a pas permis de publier ce texte ici. Il n'a donc été lisible dans un premier temps que sur la page facebook Buveur de poèmes, p

uis dans le billet de Nicolas du 7 juillet http://reignac.com/blog/2015/07/tout-ce-qui-nest-pas-donne-est-desormais-perdu.html

Retrouver ma philosophie de vie dans les mots du poète de Cabara, voir mon texte dans ce billet m'a ému.

Rassembler, partager, savoir pourquoi je suis là.

Merci à toi, Nicolas.

https://www.youtube.com/watch?v=kO0r2eWpwdM&feature=share

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No focus

12 Juin 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

"No focus". Photo : Ralph Eugène Meatyard.

"No focus". Photo : Ralph Eugène Meatyard.

Cher Coeur fidèle,

La pluie tombe. D'où je vis, je vois...

Toute ton énergie, tu dois la contenir. Impossible d'intervenir. Tu imagine tes vignes contaminées avec le déluge d'hier soir. Si tu pouvais passer entre les gouttes pendant les deux jours qui viennent... Les nuages couvrent ce matin encore ta mer de vigne. Voile, ton regard se voile. Tu es un marin qui doit tenir bon la barre. Pas un morceau de musique qui puisse te changer l’humeur. Pas un… Ancrés à tes passés. Les musiques qui sont autant de prénoms, de visages amis ou aimés ne peuvent soulager ta mâchoire. Serrer les dents te fait mal. Ta rage de paysan fait monter la buée sur la fenêtre qui te sépare de ta source. Source de revenus.

Le ciel se déchire, les bras sont ballants. Toute mon énergie, je veux l’écrire. Impossible de la contenir. J’imagine ton chez toi. Je ne peux écrire autrement qu’en me dévoilant. Interpeller les sentiments enfouis ou à fleur de peau du lecteur. Voile, l’orage me dévoile.

On aurait pu faire encore un peu de bruit ensemble, mon ami. Parler local, artisan producteur qui fait vivre sa famille de son travail et respecte la nature. On aurait pu se mettre à dos "ces" voisins qui habillent leur vins d’une robe marketing qui fait vendre, le bio ou la belle architecture qui en "jette" en pleine nature… Parler de ceux qui utilisent un cheval, des abeilles, des fleurs mais qui n’aiment pas… N’aiment pas comme nous une vie proche de la nature.

La grêle crible. L’idée du cheval dans les vignes est effacée par les éclairs. Je rêve de ta nature, j’idéalise mais je n’y suis pas. Les murs de la maison que je loue sont chauds, neufs, sains. La façade de ton château brille sous la pluie mais tes pièces sont froides, trop grandes. L'humidité, tu pourrais la sentir de l'intérieur si ça se trouve. Mes ongles ne sont pas abîmés. Tes mains, oui ! Elles me font rêver car elles te racontent. Je n'ai jamais cherché à savoir, avant ce jour, si tu en voulais d'autres.

ça claque contre la vitre, le sol crépite. Au fond, je t'idéalise égoïstement. Tu m'as écrit un jour que j'aimais les hommes et la vigne plus que le vin. Je ne sais pas maintenant.

Il y a des caniveaux débordés chez moi. Des rigoles qui se forment chez toi. Quoiqu'il en soit, avant tout, tes mains feront vendre ton paysage, ta philosophie de vie proche de la nature. Il faut juste que le vent, l’eau, la grêle, la chaleur moite oublient ta région.

Je regarde une carte météo. Tu regardes tes feuilles, tes grappes, tes bois (rafles)... Tout peut y passer.

Je retiens mon souffle. Tu cherche ton air.

Je prend une douche afin de me rafraîchir. Tu as froid, tes peurs te glacent.

No focus. Tout se brouille un peu plus.

Gouttes après gouttes, c’est un rideau maintenant. Chacun d’un côté. Ta terre contre ma ville. Ta volonté d’intimité, ton humilité face à mon envie de tout dire, de tout savoir et comprendre de toi.

Un jour, tu m’a appelé « Mon frère d’encre ».

Un jour, je t’ai appelé « Cœur fidèle ».

Tu viens de me demander d’arrêter de rendre publique notre correspondance.

Il ne pleut plus, les nuages n'ont plus rien à dire.

Je te laisse à ta vigne, à celle, ceux qui t’accompagnent tout près.

Nous partagerons autrement.

Je ne suis pas triste, ton vin m’écrira ta vie et ton courage.

Bien à Vous,

Cœur Fidèle et tous ceux qui ont été touchés ou le seront durant ce millésime.

Franck, buveur de vos poèmes.

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VDV #76 : En mai bois ce qu'il te plaît

31 Mai 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #VdV

En mai bois ce qu'il te plaît !
Ce vin, il vous plaît particulièrement parce que :
1/ vous adorez l'appellation, le cru et que vous trouvez que c'est le (ou l'un des) meilleur représentant
2/ vous adorez le cépage, unique ou majoritaire
3/ vous adorez le vigneron, c'est un copain, ou un type très sympathique, ou encore un vigneron "juste" remarquable
4/ vous adorez l'intérieur mais aussi l'extérieur, l'étiquette, la bouteille vous font craquer
5/ vous ne savez pas pourquoi mais vo
us boiriez de ce vin tous les jours ou presque."

76e édition des Vdv. Nathalie Merceron, présidente indulgente.

Vendredi n’est pas dimanche.

C’est un parc où tu organises un apéro sur le pouce. C’est un apéro - tribu avec ton Amour, tes enfants, son enfant.

C’est un parc où tu organises un apéro sur le pouce. C’est un apéro - tribu avec ton Amour, tes enfants, son enfant.

"Le mal de tout ce qui est merveille"

Il y a juste un jour où l'on s'impose de se graver des souvenirs... ne serait-ce qu'une seconde de soleil au travers des mèches de cheveux d'un être aimé. On la vit cette seconde, on ne la traverse plus. Elle devient aussi longue que durera notre mémoire.

Un vin qui plaît, c’est un moment. Surtout une seconde. Surtout pas de caudalies, on ne formule pas. Caudalie, j’aime pourtant la force évocatrice de ce mot.

Mai.

C’est un parc où tu organises un apéro sur le pouce. C’est un apéro - tribu avec ton Amour, tes enfants, son enfant. T’es là avec ton vin, tes verres gravés, souvenirs de salons. Tu n’as pas amené de gobelets plastiques ou en cartons. Tu souris déjà et revois la dernière scène de Sideways. Tu sais qu’il ne faut pas trop scénariser le bonheur mais tu ne peux t’en empêcher. Tu as ta coupelle de tomates cerises. Tes sablés romarin et fromage de chèvre, tu les as extrait de leur sachet marqué d’un sceau de grande distribution. C’est mieux. Tu rêverais presque d’un déjeuner sur l’herbe. Tu ne veux pas une scène de film réaliste, tu veux un tableau qui impressionne. Tu verses le vin. Il est rouge, vif, vivant. Tu ne l’as pas senti, goûté que déjà tu en parles. Tu voles les instants de découverte de ton autre toi, Elle. Tu dissertes en croyant apprécier l’instant. Tu racontes cette bouteille de Loire. Un monopole des environs de Puy Notre Dame. Finalement, t’es chiant à vouloir rendre ce moment heureux. Tu voudrais lâcher prise.

Mai.

C’est un couple éméché et heureux qui t’invite à rejoindre sa danse. Ils sont là, à côté. Ils titubent et surtout ils rient à un ciel étoilé en plein jour. Leur vin est aussi bon que le tien puisqu’il les rend heureux. N’est-ce pas cela que l’on recherche avant tout ?

Et si vous n’aviez pas les enfants, Elle et toi, vous partageriez les vins. A danser sur des musiques populaires, voire ringardes. A se foutre des regards, pieds nus dans l’herbe. Pour un peu plus, tu oublierais l’ivresse pour juste te saouler.

Mai et faire ce qu’il te plaît. Il n’y aurait plus de conditions sociales, de mots. Il y aurait juste des regards perdus dans la vague de brins d’herbe. Pas de nature, de bio, de soufre, de sans. Ciao les détenteurs de vérités, les querelles de clocher. Juste du bon.

Juste une boutanche à sourires…

Mais non, depuis un temps finalement infime, ta vie c’est les mots. Tu pratiques tellement qu’il en sort encore à cet instant. Alors tu souris, t’es déjà ce petit vieux qui observe, qui voudrait rejouer. Tu regardes ce couple qui ne connaît pas ce qui est « bon ». Et ton sourire est plein d’indulgence.

Elle, elle a bu tes micro-secondes de réflexion. Elle sourit et son sourire vaut tous les commentaires. Il abattrait les propos de mauvais méchants. Des gorgées comme une pichenette aux mots qui jugent. Ecrire une défense c’est parfois alimenter le fiel. Toi, tu as tressailli au matin pour une moquerie sur un nom de famille. Ça te rappelle ton nom, ton père comme lui.

Tu bois, fermes les yeux.

Eolithe,

Eolithe 2012 comme une mine de crayon papier sucée,

La graphite de la Syrah. d’Hervé Souhaut,

La mâche d’une violette,

Des feuilles de chêne,

Des roses fanées,

un fil de zan.

Au bout du plateau du Brossay,

Une faille du jurassique pour un monopole,

Beaucoup d’oxyde de fer, de silex pour une touche de sang,

Vin sanguin,

Un étang creusé pour la biodiversité,

Des têtards, des libellules,

Des chauves-souris pour manger les vers de grappes,

Des fleurs semées pour accueillir les insectes pollinisateurs,

Des arbres plantés en prévision du réchauffement climatique,

Deux frères jumeaux qui vous font douter de l’astrologie,

Adrien, discret, à la vigne,

Guillaume, grande gueule que j’ai adoré détester, au chai,

Son regard d’enfant quand il demande

A la fin d’une dégustation d’anthologie « ça vous a plu ? »

Une sculpture de baobab sur un mur,

Un rappel à Madagascar,

Un tronc, de vraies racines,

Deux papas qui de là où ils sont peuvent être fiers.

Une ressemblance frappante : la sensibilité "Brownienne". Crédit photos : Frédéric Ahishakiye
Une ressemblance frappante : la sensibilité "Brownienne". Crédit photos : Frédéric Ahishakiye

Une ressemblance frappante : la sensibilité "Brownienne". Crédit photos : Frédéric Ahishakiye

Tu ouvres les yeux, tu as bu,

Tu as ces quelques lignes en pensées pour tous ceux qui accompagnent la vigne :

« Je veux ton rire dans ma bouche
Je veux tes épaules qui tremblent
Je veux m´échouer tendrement
Sur un paradis perdu…

Et le temps : j´en fais mon affaire » *

Château de Fosse-Sèche
Lieu-dit Fosse-Sèche
Vaudelnay
49700 Brossay
TELEPHONE: +33 (0)2 41 52 22 22 FAX: +33 (0)2 41 67 02 52

Email : contact@chateaudefosseseche.fr


Coordonnées GPS : lat. 47.157484 / long. -0.208386
Entrer "lieu-dit Fosse-Sèche, 49260 Vaudelnay"

* « Déranger les pierres » - Carla Bruni (Et oui !)

Crédit photos : Frédéric AhishakiyeCrédit photos : Frédéric Ahishakiye

Crédit photos : Frédéric Ahishakiye

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Derniers vertiges avant le prochain

26 Mai 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

Copyright M. Johnson. Merci Marylin pour ce jour où tu m'as autorisé à utiliser cette vision.
Copyright M. Johnson. Merci Marylin pour ce jour où tu m'as autorisé à utiliser cette vision.

Derniers vertiges avant le prochain,

il faut parfois regarder autrement avant la suite.

Coeur fidèle n'est pas de retour.

Ses mains sont bavardes mais n'arrivent pas à poser les mots. Ses mains accompagnent la vigne. Elles ont taillé et maintenant ébourgeonnent. Ses semelles de vent l'emmènent vers de nouveaux clients. Il n'y a pas de temps pour se poser.

Il lui faut vendre du stock.

Vendre du vin et du rêve n'est plus sa tâche, elle le sera pour d'autres ... Cela a failli être pour moi, cela pourra l'être encore... pas maintenant.

Coeur fidèle est partout, il voudrait être chez lui.

Il voudrait écouter un peu plus de musiques, de ces pépites rock psychédéliques d'hier qui n'entrent pas dans les cases minutées de nos radios d'aujourd'hui. Pour cela aussi, on prenait le temps. "Another day in paradise" de Phil Collins, "One for the vine" de Genesis... Ah ! Avec ça, on peut en tondre de l'herbe entre les rangs. Il ne zappe pas. Il tond, griffe, laboure, fait marcher l'intercep, le casque sur la tête.

Parfois, un cheval d'un autre temps vient le soulager en mangeant sa ration d'herbes hautes.

Et les couleurs des cieux continuent à émerveiller notre vigneron qui n'en finit plus de les regarder. Il ne se lasse pas. Il court encore et encore. Il me surprend avec sa voix, ses mots posés. Il court. Il s'attache à la vue de quelques roses et pivoines. Il y a longtemps qu'il ne s'est plus attaché à une seule rose. Le petit prince s'en est allé, le rêveur de ciel est toujours là.

Coeur fidèle n'est pas de retour, à force de regarder les cieux, le voilà dans un avion.

Le domaine doit vivre et son homme de mains doit vendre.

Il restait une lettre de notre histoire de quatre mains, il fallait juste quelques couchers de soleil pour partager la dernière lettre de M.

"Pour palper la palpitante vie....

Écrire, exprimer, ressentir est devenu mon métier.

Quel monde fut pour moi ce domaine, m'absorbant toute entière. Me mettant en poésie totale. De l'œil qui mord le matin brumeux aux trajets radieux, des festins de l'âme à la poussière de suie, du silence des chais au chant des sabots.Vignes, arbres, pierres, vins, sourires... Comme le jour, le tout ponctué par les cloches amies. Personne ne pouvait savoir que ce début d'année aurait engendré une dégustation sous tous ces sens. Quatre mains, quatre semaines... 48h suffisant à révéler à l'un que le complet n'était qu'une vue de l'esprit... D'évidence, rassembler les bêtes qui hurlent en silence et partir. Déserter sans se faire éconduire. Cœur palpitant de tanin... 48h... Pour prendre la hauteur de l'apogée. VERTIGES. Un dernier lancer de dés fatal. Tout s'accélère, envie de mordre, de courir à travers les témoins centenaires, de grimper les églises, les murets, le canasson, la pente de la terre, la palette de quilles, les escaliers de la cuisine... Oui au galop, au pas de course, le cœur battant d'amour.

Quelle envolée, quel appétit, quelle joie : le partage.

Et puis une force invisible fait des nœuds, les mots de trop et l'impasse s'impose.

Dans la voiture, deux mains s'éloignent certes. Mais aussi la bestialité de ma poésie, un équidé, le canis de mon fils, et le félin clandestin arraché à la misère de sa campagne. Le frais adopté n'a pas su, lui non plus, te détourner de ta solitude... Vigneron.

Finalement ton vin est ta femelle, celle qui prend rôle et importance.

Mais pour avoir voyagé 4 semaines dans un torrent de sensations, je sais maintenant que l'océan m'attend quelque part, il aura certainement le goût de merlot et de craie...

Oui l'ombre se disciple dans le rétroviseur, goûts syncopés... Et pourtant entre sanglots, râles il y a le rire, l'euphorie, l'irrépressible envie de galoper.

Enserrer le cèdre centenaire, l'entendre poser sa sempiternelle question : mais où étais tu? Il sait maintenant, que j'existe et que toute entière je l'ai respiré pour m'imprégner à jamais de son écorce, refuge de mon cœur quand la poésie me manquera...

M."

Klimt, un peu

Klimt, un peu

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Vivre sa vigne

5 Mai 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes

Création de Rémy Bousquet
Création de Rémy Bousquet

Mars 2014

Rupture d’anévrisme, colère, incompréhension, attente, espoir puis Anne Graindorge n’est plus.

Larmes, proches noyés sous le flot d’hommages, réseaux sociaux, voyeurisme, souffrance, silence.

Anne n’est plus là et je veux qu’elle existe.

Très vite, des mots. Certains ont dû voir d’un mauvais œil toutes ces phrases, je m’en excuse et m’en excuserai à jamais. Je ne suis que son dernier amour. Pendant que je buvais ma douleur, il y a eu tous ces gens qui ont voulu témoigner leur affection à Anne. Je n’ai rien su au début de ce qu’il se passait :

http://https://lapinardotheque.wordpress.com/2014/03/28/le-vin-danne/

L’introduction au texte de Sandrine Goeyvaerts a été ajoutée à ma demande dans les secondes qui ont suivi la première publication de son billet. Quelques secondes ! Des voyeuristes, je crois avoir été le premier. Je voulais savoir jusqu’à quel point Anne était aimée. Je voulais… Je croyais… Je ne savais plus.

L’idée a toujours été là depuis le début : véhiculer la philosophie d’Anne, se réjouir de la vie, faire découvrir au travers d’une parcelle de vignes le goût, le vin, les saisons, la terre, l’humain à celles et ceux qui ne savent pas, qui découvrent, qui n’osent pas.

Au début, j’ai pensé adulte.

Avec l’aide sans failles de mon amie Charlotte Paressant, je me suis mis en tête de trouver des vignes, de faire « le » vin, celui de M’Amuses, celui qui serait le vecteur de ses idées. Nous avons pensé créer une association loi 1901. Tout devait être transparent. Beaucoup de personnes nous ont supportés pour le projet. Peu ont eu du temps à consacrer à sa conception.

Trouver un trésorier, trouver des membres, une présidence… Trouver un trésorier.

L’association n’a pas vu le jour. L’argent sur le compte n’a jamais été utilisé à ce moment là.

Toutes les sommes récoltées devaient servir dans un premier temps à la mise en place de cette entreprise, en réinvestissant auprès de quatre vignerons amis. Par quatre cuvées différentes, deux de chenins, deux de cabernets francs, nous souhaitions par la vente de vin « hommage » faire rayonner le vin d’Anne et ainsi obtenir des fonds supplémentaires nécessaires à l’achat d’une parcelle de vignes.

Je vous passe les détails administratifs, la distance qui me séparait de ma chère Loire (j’habite en banlieue parisienne) les contraintes de temps (allait on acquérir des vignes ou planter ?) et la volonté d’agir assez rapidement pour qu’Anne soit toujours « présente » en nos mémoires. Passons les tentatives de rendez-vous avec ces vignerons qui voulaient tout donner mais qui avaient leurs vins à produire.

Mon chagrin ne m’a pas permis de percevoir de suite l’ampleur du projet. Je suis un rêveur, là est ma chance et ma limite. Je ne vois pas rapidement les contraintes chronophages et financières.

Et puis un jour, j’ai pensé enfant.

Charlotte était encore là. Pourquoi ne pas faire une vigne éducative ? Peut-être même qu’un jour un vin pourrait s’y faire ?

A partir de ce moment, tout s’est emboité : la pérennité des idées, des écrits ; la tolérance entre les différents courants de la viticulture, la découverte du travail d’une vigne au fil des saisons.

Il y eut une idée de jardin, de parc.

Les proches seraient venus se recueillir mais surtout voir des idées y fleurir. Des écoles, des familles viendraient là découvrir en s’amusant. Des événements pourraient s’y dérouler comme le ramassage des bois, la taille, une vendange et une mise en bouteille… qui sait ?

Un jardin, un parc n’évoquant pas trop le monde du vin, on pensa « Clos »

Je dis « on » car à ce moment là, Pierre-Antoine du Château de la Viaudière vint m’apporter une aide précieuse. Disons que son pragmatisme a beaucoup fait ces derniers mois !

« Elle parlait des vins avec beaucoup de poésie… ».

En repensant à cela, il m’a paru évident que la vigne ne suffirait pas.

Il y a les écrits d’Anne qui ne doivent pas se perdre dans la Toile, le souhait qu’il puisse y avoir une édition. Il a fallu découvrir les droits d’auteur, ne pas oublier un jour de demander l’autorisation auprès de la famille avec qui je n’ai plus contact.

D’une idée de recueil, j’ai abouti au souhait qu’il pourrait y avoir des panneaux reprenant certains de ces textes dans ce clos. Il pourrait y avoir des lectures, des contes autour du thème de la vigne et de ses orfèvres.

De là, il n’y avait qu’un petit pas à franchir vers l’exposition de sculptures en pierre de tuf’, œuvres que je souhaiterais pour les premières de Valérie Herlin épouse de Laurent. Son univers est si proche.

Voir tout ceci, ne pas oublier la vie avant tout, nous amenant également aux clichés de vignes et de vignerons, pour le début de l’aventure, pris par Jérôme Paressant et Pascal Avenet.

Il y aurait une vigne, des hommes, des femmes, des enfants, du plaisir, un avenir, des idées en mouvement, « vivre sa vigne »* comme plus bel hommage.

Demain, il va y avoir ce rendez vous qui je l’espère permettra la concrétisation de tout ceci.

Vous avoir écrit cela me conforte dans l’idée que ce lieu existera, que je pourrais déléguer beaucoup de ce projet et le laisser vivre dans d'autres mains.

Franck Kukuc

5 Mai 2015

In "La rivière à l'envers" de Jean-Claude Mourlevat.

In "La rivière à l'envers" de Jean-Claude Mourlevat.

Pour savoir qui est Anne http://www.annegraindorge.fr/p/je-suis.html

* Vivre sa vigne est une référence à l’émission « Vis ta vigne » qu’Anne anima à Radio G (station émettant d’Angers)

Tous mes remerciements aux 54 participants à la cagnotte Leetchi, à celles et ceux qui ont participé à la première cagnotte de Bruno Besson (merci Bruno de me faire parvenir les coordonnées des participants)

aux « quatre » Laurent Herlin, Pierre-Antoine, Xavier Amirault, Alcofribas (Etienne Dutheil, Alexandre Poutrain, Eric Ployet),

à Charlotte Paressant et Arnaud Septime,

à Bruno Besson et Sandrine Goeyvaerts, Stéphane, Maïlys Ray,

à Rémy Bousquet, à la ( ),

à Pascal Avenet et Philippe Hadef, respectivement photographe et rédacteur en chef au Magazine de la Touraine

à celles et ceux que j’aurais pu oublier.

à Laurent Herlin encore pour tout ce qu'il a pu mettre dans une barrique cerclée de bleu

à Frédérique.

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Toi, qui vis sous le vent.

28 Avril 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes

Toi, qui vis sous le vent.

Toi, qui vis sous le vent,
Je t'espère,
Sans plus de mots.

Je t'espère parfois oubliée de cette mauvaise compagne,
Ta douleur.
Si je pouvais vivre d'écrits et de rencontres, ça m'irait bien...
Tu le sais, j'ai des mots que je garde pour moi.
Ils sont venus lorsque tu t'es confiée à moi, à parler de ces petites fleurs, voisines de ceps aimés, ces odeurs que tu ne voulais plus voir,
avant de ne plus pouvoir.
Ta main dans la mienne et tes larmes.
Tes mains qui accompagnaient le raisin jusqu'à cet essentiel... Le vin que tu faisais avec lui.
Il est seul à accompagner le vin, aujourd'hui.
Il n'aime pas, fais avec,
Avec ce qu'il peut,
Avec beaucoup d'entraves.
Beaucoup de nuages et le soleil qui brille toujours quelque part.
J'ai un texte qui flotte en moi.
Un jour, je te l'écrirai et si tu me le permets je le publierai pour exprimer le bonheur et la tristesse que peut apporter un paysage...

Affectueusement.

Buveur de poèmes
28 avril 2015

Toi, qui vis sous le vent.
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