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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

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Le pourquoi du côt, du comment

11 Avril 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Mots et vins d'avant

La roseur arrosée

La roseur arrosée

Il y a une semaine, j'ai renoué, réétabli un contact avec un ami de longue date. Des incompréhensions nous avaient séparé depuis sept ans. Mais voilà, il manquait à ma vie d'aujourd'hui.

J'ai téléphoné. Rien n'avait changé sur la profondeur de notre amitié.

Il est ce copain que j'avais conté dans un texte destiné aux Vendredis du Vin (un événement mensuel de la blogosphère des amoureux de vins) en 2013.

C'est un texte qui ne peut se perdre, en voici une version légèrement remaniée qui explique le pourquoi du comment, mon amour pour le côt... juste après le ch'nin.

Earth Wind and Fire, "Got to get you into my life", un cépage : le côt.

http://www.youtube.com/watch?v=kc6XZ7u32To&feature=youtu.be

Rewind, je rembobine les souvenirs aux sons des cuivres. Il était une fois, il y a 20 ans, deux copains en virée dans les environs de Valencay (unique pour avoir donné son nom à deux A.O.C, l’une pour ses fromages de chèvres, l’autre pour ses vins). Le best of d’E.A.W.F, le seul CD ( Ndlr : support musical ayant existé avant le mp3) dans la voiture pour tout un week-end. En boucle qu’ils l’écoutèrent ! Au point qu’ils entrèrent dans ce restaurant isolé, niché dans les vallons verdoyant des environs de St Genou dans le Berry, en fredonnant «Got to get…». Le resto’ s’appelait «Le Pousse-caillou» (véridique et bluffant quand j'y pense aujourd'hui). Les trompettes soufflaient encore joyeusement dans nos oreilles lorsque la cuvée de la maison fut posée sur la table. Un jus d’assemblage régala nos palais et délia nos langues. Il fallait savoir, rencontrer le vigneron. Nous ne pouvions quitter la région sans emporter notre propre assemblage concocté avec cet artisan. Renseignements pris auprès du restaurateur, le lendemain nous avions rendez-vous avec le vigneron. Gamay et côt furent goûtés séparément puis assemblés. De cette journée vient mon affection pour le deuxième cépage cité. Il me racontait tant et de façon joyeuse. Rustique, il me parlait de sa terre. Fruité, ses notes de griotte entre autres choses m’élevaient vers le ciel. Je découvrais une autre facette de ce cépage que l’on nomme malbec quand on s’aventure plus au sud. Je ne reconnaissais pas le goût des sauces, du «Carte noire» (marque de malbec vendu en GD) pour le bœuf bourguignon de mon enfance. Dans cet autre millénaire, le cahors c’était du brut de décoffrage. Cahors, dix sept ans ont passé depuis Valençay. Fabien Jouves, Lacapelle Cabanac, les vins en amphores du couple Azémar, pour n’en citer que quelques uns, m’enchantent. Une seule quête : fluidité, beaucoup de fraîcheur, de la gourmandise. J’ai appelé ces vins «mes cahors d’altitude».

Mikaël Bouges, l'artiste de Faverolles sur Cher

Mikaël Bouges, l'artiste de Faverolles sur Cher

La route n’est pas finie. Il y a deux ans, je rencontre Mikaël Bouges aux Caves d’Argent à Paris. Sans le savoir, l’artiste de Faverolles sur Cher organise mes retrouvailles avec un côt qui ressemble à celui des envrions de Valençay. Il manque quand même une chose pour que l’illusion soit parfaite : la rusticité. Et pourtant, là aussi je renifle la terre. Mais la belle finesse des «Côts hauts» m’incite davantage à humer qu’a renifler. Je regarde mon vigneron posé et discret. Je lui trouve un «je ne sais quoi» de flegme britannique. Une chanson lointaine s’installe, ça me rappelle… Je n’arrive pas à me rappeler mais c’était rock et sage. Ça se lâchait avec retenue. Avant l’été, Renaud Vuillermet, tu m’as offert ce trésor de Mikaël : un côt vinifié en rosé «La Roseur». Tu avais ce regard pétillant qui annonce le vin à boire «à la régalade». Ce fut une explosion de fraises, griottes et bonbons acidulés. Ça emplissait la bouche. C’était poli et sensuel. Ça me racontait une rivière et ses cailloux roulés, un étang avec une brume virginale un jour de pêche. «Got to get you into my life» chanté cette fois-ci par les Beatles.http://www.youtube.com/watch?v=uWjEQsAYB9A

Une gaieté différente comme une manif’ d’étudiants, de personnes qui veulent qu’on leur laisse la liberté de s’enivrer de mots ou de vins. A leur guise. A ce propos, la musique peut être simplement celle d’une voix. Ecoutez donc celle de Serge Reggiani récitant «Enivrez vous» de Baudelaire…

"Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise."

Voilà comment un même cépage avec sa musique intérieure, ses paroles peut trouver une autre couleur musicale lorsqu’il se trouve interprété par un autre musicien de la vigne. Il y aura fort à parier qu’une des versions vous touche, vous fourgonne.

Fourgonne... Farfouiller, fouiner... (Merci M'Amuses)

Post scriptum : je m'aperçois que le côt rosé est souvent partagé avec des amis cavistes ou qui l'ont été. J'aurai pû me demander pourquoi mais j'ai autre chose à faire à présent : profiter.

J'aurai pu aussi vous parler des Côts Vieilles vignes de Le Rocher des Violettes mais je ne connais pas encore Xavier Weisskopf

Chez Bruno Besson et avec Laurent Cerqueu
Chez Bruno Besson et avec Laurent Cerqueu

Chez Bruno Besson et avec Laurent Cerqueu

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"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"

5 Avril 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Mes poètes divins

Quentin
Quentin

Un jour, nous arriverons à mettre nos rires et nos joies en bouteilles. Alors, nous ne serons plus jamais saouls, juste ivres de bonheur. Quelques bouteilles m'ont déjà fait croire que cela était possible...

Le chemin le plus court pour arriver jusqu'à soi n'est pas forcément la ligne droite.

Laissez moi vous présenter un jeune homme. Un jeune qui en veut, qui vous souhaite votre anniversaire en n'oubliant pas de laisser un lien internet vers son domaine, un homme qui parle vite comme pour rattraper des moments qui lui auraient échappé.
On le voit partout et jamais où l'on pourrait s'attendre à le rencontrer. Du jus de fruit, vin d'enfance, à la paire de lunette en douelle recyclée, il ne marche qu'à un seul carburant : l'amour. Il le cherche dès l'aube, n'a plus de temps pour dormir...
Il rêve éveillé, agité. Il rêve toujours de ce petit garçon assis sur un muret près de vignes, celui qui accompagnait ses grands parents. Il est en train de laisser sur le bas côté de son chemin l'adolescent plein de rages.

Auparavant...

De ses divers métiers pratiqués il acquiert la maîtrise. Mais il n'est pas encore proche de ce qui va l'apaiser : La Terre. Du commerce de vins pratiqué du fond d'un garage, il constitue son réseau. Sa volonté de toujours tout comprendre le pousse un peu plus vers son destin : faire son vin. Il rencontre des guides comme Jean Bernard Berthomé du Domaine Huet (Vouvray) et c'est Pascal Pibaleau (entre Azay le Rideau et Langeais) qui lui tendra la main pour s'établir.

Cet homme, je l'ai rencontré la première fois un jour de coup de foudre. De l'amour et des amitiés dans un palais de glaces. C'était le premier salon de "La levée de la Loire" à Paris. Il était en formation, travaillait pour feu le domaine "les Loges de la folie". Nous nous sommes retrouvés peu après, quelques mois plus tard, même pas le temps d'une année, après ce mauvais coup du destin qui avait frappé mon cœur. Il a été là pour moi. Son domaine est né à cette époque. Il y a eu de nombreuses conversations téléphoniques et puis nous nous sommes retrouvés chez lui, près d'Azay le Rideau... Tout près de Chinon. J'ai fait la connaissance d'Angélique sa compagne, j'ai vu une maison en travaux, une autre habitation troglodyte, des vins en devenir, des idées d'étiquettes pour ses bouteilles. J'ai vu un ventre rond et des promesses d'avenir. Tout cela je l'ai vu comme un bouillonnement. Et j'ai souri parce que j'ai vu celles qui l'apaisent : Angélique et ses vignes. Faire la route ensemble vers Cabrières, une jolie appellation du Languedoc, nous a un peu plus rapproché. Il présentait ses vins pour la première fois dans le Sud lors de l'intime salon "Le Printemps des Vignerons" organisé par Céline et Romain du Clos Romain. J'aime tellement ce salon. Beaucoup de ce qui fut dit, échangé avec ce jeune homme restera de l'ordre de l'intime.

Quentin Bourse, puisqu'il s' agit de lui, fait son vin depuis un an. Il a fait bouger comme personne le sens du mot marketing autour du vin en seulement une petite année.
Il a testé en ce laps de temps différentes méthodes de vinif', du tranquille à la bulle. Et l'amphore a déjà sa place au domaine pour magnifier certains jus. Grolleau, cabernet franc, côt, ch'nin nous régalent avec cette vivacité tellement représentative, selon moi, de ce qui meut Quentin.
Il a fait voler un drone au dessus de vignes pour un clip léché, fait fabriquer - à partir de douelles de mon côt chéri - des skates et des sunglasses 100% frenchies ?
...

Qui sponsorise une équipe de hockey ?
Qui va nous réserver de belles surprises encore et encore ?

Celui qui fait, avant tout, des vins qui sont devenus pour quelques uns les miens.
J'espère qu'ils deviendront les vôtres.

Quentin, pour ce jour où tu as préféré rester dans les vignes, il me tardait de partager avec toi ceci. Pense à nous, la prochaine fois, que le soleil se couchera sur ta terre.

Ton ami fidèle, Buveur de poèmes

Le Sot de l'Ange.

15 rue des caves – 37150 La Croix en Touraine ou 68 rue de Langeais - 37190 Azay le Rideau

AOC : Touraine Azay-le-Rideau

02 47 48 37 98 / 06 88 91 20 45

ww.lesotdelange.fr.

(merci à Rémy Bousquet pour la création de cette formule "le vigneron des anges" que j'ai emprunté pour le titre de ce texte)

"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
(créd. photo : Quentin Bourse)

(créd. photo : Quentin Bourse)

"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
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Mise... aux poings

26 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

Crédit photo : Peter Cornélius
Crédit photo : Peter Cornélius

La voiture de M. s'est éloignée du domaine, il y a...

Depuis une semaine, c'est Cœur fidèle qui s'est éloigné du domaine pour prêcher ses vins, leur histoire et la sienne.

Vendre pour vivre encore sa raison du raisin.

Tout s'agite, ailleurs. Le Domaine vit au ralenti.

Je lis et relis M. qui m'écrit...

"M.

Je viens de lire vos autres mots. Ils existent par mes yeux. Qu'en fait on ? Voulez vous que je les partage ou cela reste entre nous trois. C'est très fort ce que vous avez écrit et c'est, au delà de vos tripes et votre sincérité, une vision comme je le désirais d'une vie dans les vignes avec la paperasse puits sans fond de nos émotions, paperasse qui nous noient, nous efface...

Je vous laisse la décision et vous souhaite l'apaisement si long parfois à venir.

Prenez soin de la vie, de vous."

Caillou

Mise... aux poings

La mise

Trois petites cuves... Et puis s'en vont...

Tu ne t'embarrasses plus du détail, c'est bien.

Vue d'ensemble, total en hectolitres, déclaration simplifiée, recul obligé, distance vitale.

10 cuvées plus tard, tu sais! Tu nous connais et nous te le rendons bien.

2012, nous sommes toutes fraîches sorties de notre deuxième fermentation malolactique... Lactées comme la nuit, au sein du monde...tu nous sèvres de nos fûts. Tu nous arraches de leurs seins.

Soins, sans sons, si suave, symphonie de la sifflante vie...

Quelle est douloureuse la séparation ! Cinglante comme un s, qui C ? A l'oreille, aucune différence et pourtant si éloignées, dans l'alphabet du monde.

Pense-tu au tonnelier? Pense-tu au vent dans les feuilles? Pense-tu a la montée de sève du printemps? Les perçois-tu ces goûts ? Sens-tu l'amour de la lame du bûcheron?

Que te dire vigneron? Nous, nous savons... La qualité du tronc, la fibre, le nœud, la corde et le nid...Sens-tu tout ceci dans le bois, son fumet, sa provenance, qu'importe ? Mais le voyage, le bon traitement et l'amour de celui qui coupe, y penses-tu?

Combien de temps pour que quitte la sève ? Combien de temps pour permettre à la nôtre de se révéler... Pleinement, complètement, éperdument ?

Le temps fait son œuvre, vigneron. Et toi ? Le prends-tu? Pour qui ? Pour quoi, au juste?

Ne t'oublies pas.

Plus tu seras enraciné, plus nos racines trouveront l'eau, la craie et... la joie.

Pense à la tienne, cueille-la...

Ne laisse pas la pourriture œuvrer.

Sois aux aguets, frêle est la lisière...

Tu prends le risque de nous perdre à chaque vendange, évite le pour ton cœur !

M.

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Un colombier cache parfois quelques lettres

24 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

M.

Tu es celle qui s'est éloignée, au volant d'une voiture. Avec des choses à dire et à écrire. Tu étais les deux mains qui allaient ajouter leur style à celui de Coeur fidèle. J'ai cru l'histoire finie. Quelques jours plus tard, tu correspondais avec moi.

Tu as tant à dire.

Et puis, hier soir, j'ai eu ce message sur mon répondeur téléphonique où tu me disais que le temps était venu de partager tes mots... Le temps d'adoucir les tanins de deux hommes aux nombreux goûts en commun... Ces dernières semaines avaient fait leur oeuvre.

Coeur fidèle t'a donné son accord sur ces riens de précis mais où tout est intime.

La tristesse d'une séparation a laissé place au vol d'une colombe porteuse de messages...

Un colombier cache parfois quelques lettres

"Oh que non tu n'as rien oublié...

Toi, l'homme, tu fleuris enfin... Le printemps dans l'hiver. Tu crois que nous dormons, que nous n'acceptons que quelques coup de Felco en attendant de t'offrir nos fruits. Tu te trompes, là encore.
Comme nous, tu deviens éternel, comme nous tu acceptes d'être enfermé dans un flacon...
Quoi de plus, finalement ? N'est-ce pas la vie, n'est-ce pas là le sang de la vigne ? Pousser,
fleurir, porter le fruit, l'offrir, mourir... Dans une bouteille... A l'abri des regards et
de la lumière, pour revenir à la terre...

Terre pour ne pas se taire !
Tu es enfin, la terre, le cep, la feuille, le fruit, le ciel et l'eau... Tu brûles d'amour enfin... Tu
vas extraire le nôtre...
Le chant ne pourra plus s'éteindre. Tu chantes, elle chante, nous chantons, en coeur.
Enfin tu ouvres les yeux, enfin tu ressens la soif...
Nous y sommes : la soif, ne faut il pas la connaître, la ressentir, dans chacune de ses cellules pour étancher le monde.

Si, tu es enfin libre, et par là tu nous libères. Accepte de nous voir telles que nous sommes,
des plantes, aux regards intenses, portant le vert à l'espérance, portant le vin au coeur et le
coeur aux lèvres. Chante pour nous vigneron, chantons et que chaque molécule se charge
d'émotions, explose en chaque être.

Sois fier, Vigneron...

Ton vin devient céleste et guidera vers des rivages inconnus, vers des berges de plaisir.

Sublime l'inconnu.

Surprends toi, surprends nous.

Abandonne toi, comme nous nous abandonnons à vous.

S'en remettre... Toujours.

Viens donc quand le poids du papier sera trop lourd...

Te rappeler à notre contact que sans chlorophylle, rien ne serait... Ce poids n'est qu'un jour, qu'une heure, qu'une minute en comparaison des siècles.

Sois grand, n'aie crainte.

Aime nous comme nous t'aimons.... Mêlons nos sangs, Vigneron, nous sommes de la même race.

Osons le croisement des genres. Inventons le sur-greffage universel.

Rendons au monde ce qu'on lui doit...

M."

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Ecrire ma vie

22 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

D'un brouillon, nous parviendrons à ce que nous voulons.
D'un brouillon, nous parviendrons à ce que nous voulons.

"L’unique joie au monde c’est de commencer. Il est beau de vivre parce que vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant."

Le métier de vivre - Cesare Pavese

Coeur fidèle,

Entre Toulouse et Paris, des feuilles se sont habillés de mots... Depuis un peu plus d'un mois...

J'ai traversé la France et rencontré des paysages et des vignerons. La moitié du mois de mars, je l'ai vécu en fermant souvent les yeux. J'ai essayé de ne pas me retourner trop fréquemment sur un passé douloureux, la perte de M'Amuses. Mais c'est là et cela m'accompagnera jusqu'à la fin. Bientôt, 17 heures, ce dimanche 22 mars, et cela en sera fini pour ce triste anniversaire.

Voilà, en grande partie, pourquoi je ne suis pas arrivé à finir des textes que destinais à ce blog, pourquoi je n'ai pas répondu à ta première lettre.

Comme d'autres, un jour, tu m'as écris que mes phrases t'avaient touché. Mis à part lire un homme qui partage, essaie de rassembler autour du vin, que sais tu de moi ? Que savent les lecteurs de ce blog, de mes pages et profils exposés sur les réseaux sociaux ? Qu'apprend-on de moi, de mon être social, de ce que je fais "dans la vie" moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Comment un buveur de poèmes "gagne sa vie" ?

C'est étrange, tout est arrivé en même temps. Alors que j'appréhendais mars, j'ai été plusieurs fois sollicité, contacté par des personnes qui me demandaient des conseils pour entrer dans le monde du vin soit qu'ils me croyaient caviste, soit qu'ils m'imaginaient consultant ou coach pour jeunes commerciaux (si, je t'assure). Ils m'ont pris "les tripes" avec leurs demandes. Le summum, ce qui m'a fait penser qu'il y avait une mise au point à faire - l'objet de cette lettre - c'est la réception du message suivant : un étudiant en commercialisation des vins au lycée agricole et viticole d'Amboise me demandait comment j'avais commencé, quels pièges éviter pour s'établir en tant que caviste.

Ma première question fut de lui demander qui lui avait donné mes coordonnées. C'était l'un de ses professeurs, un brillant meneur de chevaux pour préparer les sols qui feront les vins de demain, un ami facebook. Amusant ? Non ! J'étale ma vie et je ne dis rien de ce qui me précise dans la société.

Alors voilà, qui suis-je pour toi, pour eux, pour moi ?

Un homme qui ose être fragile, c'est bien plus simple pour écrire des poèmes. Un homme qui observe.

Qu'en est il de l'acteur, de mon rôle à jouer professionnellement ?

Il y a le titre du journal de Cesare Pavese qui me revient : "Le métier de vivre".

Pour le moment, je ne rentre pas dans les cases. A l'occasion, je remplace des cavistes lorsqu'ils veulent partir en vacances, je suis "l'intermittent caviste" (mon pseudo d'avant "Buveur de poèmes). Pourquoi ne pas le faire à temps plein ? Parce que je cherche une solution pour conserver la garde alternée de mes deux jeunes enfants, que je ne me résous pas à les laisser davantage à leur mère.

Depuis cet été, des hommes et des femmes, orfèvres du vin m'ont proposé d'être leur fenêtre sur Paris auprès de cavistes et de restaurateurs. Là, je balbutie.

J'ai fait aussi ma première animation-dégustation payante.

Et j'ai aimé cela.

Qui je suis ? Un amoureux du vin et de l'humain, qui n'arrive pas à faire des sacrifices, qui a beaucoup de doutes, qui a peur du R.S.I, qui a peur de perdre le peu qu'il a, qui voudrait savoir ce que sera demain.

Ce que je sais, c'est que je suis vivant et tellement confiant quand je suis en présence d'inconnus que je rassemble autour de vins, quand j'écris et retranscris les merveilles bues et découvertes.

A tout bientôt,

Caillou

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Instantanés

26 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Instantanés

Trois fois Vin - La cave des rencontres pour de vrai. 12 rue Notre-Dame de Nazareth. 75003 Paris. (Crédit photo : Trois Fois Vin - Marie Do Léna-Bradford)

Trois fois Vin - La cave des rencontres pour de vrai. 12 rue Notre-Dame de Nazareth. 75003 Paris. (Crédit photo : Trois Fois Vin - Marie Do Léna-Bradford)

Instantanés

Instantanés de billes de grand, nos quilles,

Instantanés de mains, de soins, de cheval, de machines bien employées,

de souvenirs de soleils, de caprices de ciel,

de couleurs, de clair-obscurs, de lumières sous verres.

Instantanés de nez,

nouveau-né, ado', adulescent, de juvénile à avancé en âge,

Instantanés de bouche,

de Perlants, pétillants, effervescents de vie à tranquillement vivants,

de Secs à secs tendres, doux,

de Glissants, gouleyants à tapissants,

Instantanés blancs, rosés, rouges à graver.

#Instantanés : la catégorie qui gardera en mémoire les coups de cœur de caves pro' et de quelques unes de particuliers passionnés, de restaurants, d'abris de plaisirs à boire.

(NDR : Trois Fois Vin - La cave des rencontres pour de vrai sera évidemment le premier #Instantané à venir)

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Gratitude partagée

25 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Gratitude partagée

(Crédit photo : Château de Reignac)

(Crédit photo : Château de Reignac)

Gratitude partagée

Merci ! Félicitations aux autres gagnants... A tous ceux qui ont participé... Je tiens à.... ma famille, etc...

Vous connaissez tous ce genre de discours, vous l'avez déjà entendu. Vais je le faire à mon tour ?

Oui, car c'est grâce à eux tous que je sais ma valeur. Et que cela a été bien d'y croire. Pour que des mots ne se perdent pas dans l'oubli.

Comment vous dire... j'espérais tellement gagner le concours de lettres d'amour Château de Reignac (http://www.reignac.com), domaine entre deux mers, plus que Bordeaux supérieur.

Pour l’équipe du Château de Reignac, pour consacrer le souvenir d'une belle rencontre cet été avec Nicolas Lesaint, pour Tom Delanoue, ami blogueur (http://1098.fr, etc.) qui y a cru dès le début, pour celles et ceux qui attendaient depuis longtemps mes phrases.

En me récompensant, Reignac et ceux qui ont voté pour mon texte justifient mes envies d'écrits, mes envies de rencontres.

Et quelle reconnaissance pour ceux qui m'ont accompagné le soir où nous avons dégusté ce vin qui était déjà un poème,

Merci à : Gérard, Jean-Christophe, Michèle, Patricia, Céline, Garance & Martin.

Avec eux, comme promis, je partagerai gratitude, magnum... et pour mes petits : gouttelettes et baisers.

La poésie sera toujours dans la retranscription de celles et ceux qui regardent, écoutent, touchent, en un verbe perçoivent autrement.

Attention, je ne dis pas "voir" la vie avec des yeux d'enfants plutôt exercer nos sens autrement. Michaux et Cendrars m'ont montré la voie soit trouver aussi le beau dans l'indicible, le cruel et la souffrance. René Char m’a entraîné vers la confiance et la chance qu’on impose. La belle poésie n’est jamais mièvre. J’écris et j’espère, pour chaque mot posé, m’améliorer.

Je tends vers cela.

"Château de REIGNAC, à la lueur d'une flamme.

Dans la discrétion, l’intimité d’une bougie, de sa flamme,
« A l’aveugle » pour mieux voir.
Tel un tricheur consentant, je suis le seul à savoir.
Entouré de quelques amis de tous âges,
mes deux jeunes enfants dans mon sillage.

Je, eux,
enfin, nous
prêts à humer, goûter, mâcher,
entendre les histoires du Château de REIGNAC.

Vivre cette bouteille, son contenu,
conjuguer des sensations.
Tout ce qui fait de nous des êtres sensibles,
des âmes fortes de leurs faiblesses.

Bouchon tiré, le vin libéré,
tout à l’expression de ses évidences,
Reignac veut vivre tout comme nous.
Il est jeune tout comme eux deux.

Timide, il grandit vite,
s’habitue à l’air,
appelle nos mots.

Timides à notre tour, on s’approche du verre.
Et voilà, ce rouge qui nous invite à le toucher.
On incline, on fait tourner la terre.

Du bout du doigt ou du bout des lèvres,
on touche le travail des Hommes,
le « parfois » épique d’une équipe.

A la lueur d’une flamme, le vin en bouche,
un peu de pluie, du soleil, des nuages s’amoncellent,
c’est avec assurance,
que l’on fait claquer notre langue,
pour garder l’équilibre.

On s’interroge,
on attend l’autre du coin des yeux.
Qui se jettera dans l’abime de l’avis ?
Qui plongera du ponton ?

Puis,
les mots s’échappent pour pousser un mur de verre.
Faire le mur des mots trop mûrs,
les yeux des enfants nous aident à faire la courte échelle,
La lueur des amitiés fera le reste.
La parole libre, on « bricole » notre souvenir,
Tous buveurs de poèmes,
sans rimes et sans strophes,
puisque ce vin est l’œuvre de plusieurs,
versons ensemble notre déclaration :

"Petits bonbons réglisse
Complices
Prunes, mûres, groseilles
La Chine ?
Allons ! Allons, pensons à nos images de vie
Ça ressemble à une eau de Cologne de ma petite enfance
Fraises écrasées, pas sucrées, sur une tartine
J’ai quelque chose sur le bout de la langue mais...
Comme un village endormi sous les cendres
Un voile de lumière d’été
Des paumes d’enfants imprégnées de menthe fraîche
Sans avoir l’habitude, sans que ce soit mon truc
J’aime la douceur que je ne donne pas à tout le monde"

Voilà ce fut un samedi soir sur la Terre,
un flirt collégial, dans mon resto’ vin cœur « Les Bricoles »,
entouré de chères âmes, à la lueur d’une flamme.

Le buveur de poèmes
24 Janvier 2015

Gratitude partagée
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Un peu moins de quatre mains, à l’autre bout de notre chaîne d’ancre.

21 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

Mon frère d'encre

Mon frère d'encre

"Venez vous asseoir là, venez je vous en prie. Je vous offrirai du vin noir aux éclats de granit et de foudre. Le vin d'une vigne sauvage et écumant de lumière. Des vignes farouches et fières, dont les ceps insolents se jettent vers le ciel. Ce vin-là oui, je vous l'offrirai. Animal, organique, ce vin-là ne se boit qu'une fois : nul n'y a jamais trempé ses lèvres...Venez, vous serez bien ici...Je prendrai soin de vous, vous inviterai au silence et vous inventerai la pluie, la pluie lorsqu'elle ne tombe pas mais se pose ; une pluie bleue remplie de ciel...Venez, il y aura de la musique, des chants venus d'ailleurs, sans doute de cet endroit qui m'importe, ce non lieu où vous vous tenez..."

Edith Azam - Mon frère d'encre

Cœur fidèle a ouvert le flacon d'encre.

Les mots se bousculent. Il faut parfois du temps pour les agencer, dompter les tristes souvenirs, les joies passées et à venir, les espoirs. Mais tout vient toujours...

Samedi 21 Février, fin de matinée,

Je vais ouvrir ma boite aux lettres, l’objet en métal. J’ai une clef, un mot de passe qui tient dans la main. Je n’ai pas encore ouvert le courrier. J’ai des souvenirs de mails.

C’était… Il y a... Après tout, peu importe.

Sur mon compte facebook, je vois des like à mes propos, mes photos. Pourquoi maintenant et rien avant malgré nos entrevues…?

Alors, je lui demande. Sa réponse est l’origine de "Cœur fidèle"

"Cœur fidèle -

Bonjour Franck,

Je survis dans ma bâtisse humide et trop grande pour moi tout seul...
J'adorerais faire connaissance. J'aime les hypersensibles -mes frères et mes sœurs-, j'aime penser qu'ils vont me reconnaître en plongeant dans une de mes bouteilles. Toi, ce sont les mots et l'énergie que tu mets à découvrir des hommes et des femmes du vin qui m'ont fait te découvrir. Oui, j'aime beaucoup ce que je vois et lis de toi ! Je suis en pays de connaissanc
e

Caillou – Buveur de poèmes -

Touché ! Alors, je te propose ceci. J'espère que tu trouveras un peu de temps à m'accorder entre ta bâtisse humide et tes belles œuvres viniques : j'aimerai entretenir une correspondance sous forme de début de lettre photographiée. Tu y raconterai tes joies, espoirs et doutes, ce qu'est ton pays, tes mots simples du vin, tes poésies, tes vignerons, ton mentor… Il y aurait une lettre par mois accompagnée d'un tableau, d'une musique. Je voudrais quelque chose qui s’inscrive dans l'intemporel mais qui soit publié sur un blog à venir.

Qu'en penses tu ?"

"Ô temps suspend ton vol,
Et vous, heures propices suspendez votre cour
s"

Une poignée de jours plus tard…. Une femme

"Caillou – Buveur de poèmes -

Bonjour,
Il faudra que tu me donnes son prénom juste pour moi. Aies confiance. J'ai une idée supplémentaire. Et si vous restiez mystérieux. Vous ne serez qu'une seule personne. Parlez de votre vie en bordelais sans jamais donner trop d'indices (pas de photos précises) et disons en décembre nous révélerons si vous le voulez bien le domaine. Qu'en pensez vous ? Voici mon mail : ……
.

Prêt à écrire tes états d'âme, tes envies, tes regrets, tes remords, tes regards, touchers, écoutes..."

Semaine du…. 2015

Une voiture s’eloigne du domaine, au loin,

Avec elle, deux mains,

Un peu moins de quatre mains, à l’autre bout de notre chaîne d’ancre.

Samedi 21 février 2015,

J'ouvre la première lettre avec vous.

Être dirigé vers moins d'évidence, moins de glamour. Lire une vie de vigneron avec ce qu'il doit supporter, faire. Je verrai plus tard ou quand il voudra le simple, l'agréable, l'attendu, le touristique...

Être dirigé vers moins d'évidence, moins de glamour. Lire une vie de vigneron avec ce qu'il doit supporter, faire. Je verrai plus tard ou quand il voudra le simple, l'agréable, l'attendu, le touristique...

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"Coeur fidèle"

12 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

"Coeur fidèle"

"Ardéchois, coeur fidèle",

je ne sais pourquoi je me souviens de cette série télévisée des années 70. Ouch, cela me ramène au siècle dernier ! J'étais très jeune...

Mais non, bien sûr que non, je sais pourquoi je me souviens ! Enfin, surtout, depuis que j'ai osé quelques voyages en mon for intérieur. Ce feuilleton faisait vibrer des cordes d'émotions et de valeurs que j'ai développé ensuite.

Aujourd'hui, j'essaie de les retranscrire dans mes écrits, les partager lors de mes rencontres.

De cette série, qu'en percevais je ? Une humanité profonde et belle dans ses faiblesses, ses amitiés et même ses violences. J'ai oublié la soif de vengeance de Toussaint, point de départ de la série. Je n'ai retenu que le compagnonnage (ici, des menuisiers) monde fermé où l'ancien soldat Toussaint se fait accepter pour retrouver l'assassin de son frère. Est resté la solidarité, la fidélité, l'ambivalence entre humains, des principes de vie et de travail bien fait.

Bien sûr, il y avait les scènes de combat "à la cane". J'ai toujours été fasciné par cet objet qui soutient nos pas, objet d'appartenance à un groupe, une catégorie sociale. Bref, c'est une chose que je n'explique pas et qui m'accompagnera toute ma vie.

Mais au delà de tout, je retiens les scènes d'écritures, de correspondance.

Je regardais la télévision, l'envie de lire viendrait après.

Je lirais bien plus tard Choderlos de Laclos ou la correspondance entre Martin Schulse et Max Eisenstein...

Et pourquoi les correspondances, les cheminements, les destins... Pourquoi ?

"Toutes ces questions où ça mène ? ... A l'amitié"


J'avais envie de vivre un dialogue épistolaire à l'ère du numérique, un échange de mots avec un habitant des vignes, de sa bâtisse humide à ma ville et ses maisons souvent anonymes.

Je l'appellerai donc "Coeur fidèle", cette relation épistolaire.

D'ici fin février, vous serez les lecteurs de notre correspondance. Chaque article débutera par un début de lettre photographiée comme un rappel au papier, notre ancien support de mots.

Les joies, espoirs et doutes, nos poésies, nos vignerons, notre mentor si nous en avons un... La vigne, la vie, un autre regard, une autre écoute... d'un homme, d'une femme. Pour brouiller les pistes, à l'autre bout de ma correspondance, il y aura quatre mains.

Vous ne saurez pas qui sont les auteurs.

Bientôt, attachez vous aux mots.


"Coeur fidèle" - La nouvelle rubrique sur le blog de Caillou - Buveur de poèmes

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Gras en bouche

9 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #‪‎MotsSimplesduVin‬

‪‎#MotsSimplesduVin
‪‎#MotsSimplesduVin

Oserions nous ?

Un lieu imaginaire, où chacun n’aurait plus le poids des heures, du lieu et des regards. Nous serions "Nous" et non l’être qui existe par, pour et sous le regard des autres. Nous serions à tous ces âges, où nous percevions pour la première fois.

"Pleins de mots mélangés, comme dans un sac en lin pour lettres de scrabble."
Les "désolé" n’y auraient pas droit d’asile. A parler sans freins et sans frontières, à découdre nos propos pour mieux nous laisser submerger par la vague de sensations. Dans le plaisir de l'échange flotterait l’écume de mots simples...

C'est là que nous sommes, avec nos vécus, nos vérités riches. En attente de plus de trésors, et d’avantages de nuances. Les sensations ont toutes le droit d’être citées. Aucunes n’est fausses tant qu’elles sont sincères. Elles n'exigent pas l’aval d’autrui.

Le partage sans crainte rassemble, fait avancer ensemble et individuellement. Nous dégustons et savourons le plaisir adulte de partager pour retrouver notre enfance.

Gras en bouche

Encre… Poupon… Onctuosité… Nappant...

La nappe est parfois blanche comme un jour de dimanche,

elle est toujours de retrouvailles, toujours une promesse épicurienne voire de joies d'hédoniste.

Velours ; glissant…comme une épaisseur insaisissable telles les larmes sur les parois du verre.

Onctueux ; ample… Souvent fortement boisé ou/et avec un fort degré d'alcool.

Persistant et rond… La bouche bien pleine, ça bute contre les parois de notre bouche...

Et le volume devient tactile comme une huile qui s’oublie le long du verre.

Oui mais non, car une autre gorgée,

Et,

La bouche devient sphère. "Gras" devient imperceptible avant de toucher les parois de cette sphère.

"Gras" est difficile. Il ne veut pas qu’on l’imagine comme un toucher au centre d'un espace. La stimulation de la salive pourrait aider la rencontre avec les muqueuses.

Le toucher de bouche serait là.

« Gras » ?

Et, je ne sais plus si l’on peut parler de corps du vin…

Je tiens à remercier les premiers participants de cette belle aventure des #MotsSimplesduVin :

Fleur, Françoise, Julie, Katty, Michèle, Patricia, Véro, Damien, Gérard, Quitou.

Ils ont osé le premier mot.

A Défi Kimenga qui m’a fait confiance un certain soir de juin 2014. Il m’a ouvert son cœur, m’a laissé entrevoir sa culture. Je l’ai aidé à trouver ses mots

« Gras en bouche
Il est des saveurs qui ouvrent les portes de la mémoire
Des textures secrètes qui encerclent nos vies
Petite, ma notion de famille, était assez confuse
3 grands-pères
Un absent,
un gentil
Un maudit…j’ai appris bien plus tard que c’était lui le vrai père de mon père Richard…
En visite chez lui, Léonard de Maret…que de découvertes…
D’abord lui, sa maison, son jardin et ses mille odeurs…
Son humour, noir…comme ses yeux lorsqu’il était en colère
Et puis, dans la cuisine, il y avait cette armoire encastrée dans le mur…
Il me semble la voir encore
Il me semble aussi que j’étais « sa préférée »
D’un mot, j’allais chercher le petit plat en cristal et la terrine bleue
Goûte, me disait-il…
Un morceau de pain
Du saindoux
Et du beurre rance
C’est bon, n’est-ce pas ?
Je me souviens parfaitement des textures et des arômes mais surtout, j’ai encore la douceur de sa veste en laine sur mon bras d’enfant…
Katty Dendal ou de Maret, quelle importance finalement… ?
Les souvenirs nous font et nous défont…
Ce gras en bouche…je ne l’oublierai jamais… ! »

Katty Dendal

Jeux dits Vin

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