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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

Articles avec #coeur fidele tag

No focus

12 Juin 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

"No focus". Photo : Ralph Eugène Meatyard.

"No focus". Photo : Ralph Eugène Meatyard.

Cher Coeur fidèle,

La pluie tombe. D'où je vis, je vois...

Toute ton énergie, tu dois la contenir. Impossible d'intervenir. Tu imagine tes vignes contaminées avec le déluge d'hier soir. Si tu pouvais passer entre les gouttes pendant les deux jours qui viennent... Les nuages couvrent ce matin encore ta mer de vigne. Voile, ton regard se voile. Tu es un marin qui doit tenir bon la barre. Pas un morceau de musique qui puisse te changer l’humeur. Pas un… Ancrés à tes passés. Les musiques qui sont autant de prénoms, de visages amis ou aimés ne peuvent soulager ta mâchoire. Serrer les dents te fait mal. Ta rage de paysan fait monter la buée sur la fenêtre qui te sépare de ta source. Source de revenus.

Le ciel se déchire, les bras sont ballants. Toute mon énergie, je veux l’écrire. Impossible de la contenir. J’imagine ton chez toi. Je ne peux écrire autrement qu’en me dévoilant. Interpeller les sentiments enfouis ou à fleur de peau du lecteur. Voile, l’orage me dévoile.

On aurait pu faire encore un peu de bruit ensemble, mon ami. Parler local, artisan producteur qui fait vivre sa famille de son travail et respecte la nature. On aurait pu se mettre à dos "ces" voisins qui habillent leur vins d’une robe marketing qui fait vendre, le bio ou la belle architecture qui en "jette" en pleine nature… Parler de ceux qui utilisent un cheval, des abeilles, des fleurs mais qui n’aiment pas… N’aiment pas comme nous une vie proche de la nature.

La grêle crible. L’idée du cheval dans les vignes est effacée par les éclairs. Je rêve de ta nature, j’idéalise mais je n’y suis pas. Les murs de la maison que je loue sont chauds, neufs, sains. La façade de ton château brille sous la pluie mais tes pièces sont froides, trop grandes. L'humidité, tu pourrais la sentir de l'intérieur si ça se trouve. Mes ongles ne sont pas abîmés. Tes mains, oui ! Elles me font rêver car elles te racontent. Je n'ai jamais cherché à savoir, avant ce jour, si tu en voulais d'autres.

ça claque contre la vitre, le sol crépite. Au fond, je t'idéalise égoïstement. Tu m'as écrit un jour que j'aimais les hommes et la vigne plus que le vin. Je ne sais pas maintenant.

Il y a des caniveaux débordés chez moi. Des rigoles qui se forment chez toi. Quoiqu'il en soit, avant tout, tes mains feront vendre ton paysage, ta philosophie de vie proche de la nature. Il faut juste que le vent, l’eau, la grêle, la chaleur moite oublient ta région.

Je regarde une carte météo. Tu regardes tes feuilles, tes grappes, tes bois (rafles)... Tout peut y passer.

Je retiens mon souffle. Tu cherche ton air.

Je prend une douche afin de me rafraîchir. Tu as froid, tes peurs te glacent.

No focus. Tout se brouille un peu plus.

Gouttes après gouttes, c’est un rideau maintenant. Chacun d’un côté. Ta terre contre ma ville. Ta volonté d’intimité, ton humilité face à mon envie de tout dire, de tout savoir et comprendre de toi.

Un jour, tu m’a appelé « Mon frère d’encre ».

Un jour, je t’ai appelé « Cœur fidèle ».

Tu viens de me demander d’arrêter de rendre publique notre correspondance.

Il ne pleut plus, les nuages n'ont plus rien à dire.

Je te laisse à ta vigne, à celle, ceux qui t’accompagnent tout près.

Nous partagerons autrement.

Je ne suis pas triste, ton vin m’écrira ta vie et ton courage.

Bien à Vous,

Cœur Fidèle et tous ceux qui ont été touchés ou le seront durant ce millésime.

Franck, buveur de vos poèmes.

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Derniers vertiges avant le prochain

26 Mai 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

Copyright M. Johnson. Merci Marylin pour ce jour où tu m'as autorisé à utiliser cette vision.
Copyright M. Johnson. Merci Marylin pour ce jour où tu m'as autorisé à utiliser cette vision.

Derniers vertiges avant le prochain,

il faut parfois regarder autrement avant la suite.

Coeur fidèle n'est pas de retour.

Ses mains sont bavardes mais n'arrivent pas à poser les mots. Ses mains accompagnent la vigne. Elles ont taillé et maintenant ébourgeonnent. Ses semelles de vent l'emmènent vers de nouveaux clients. Il n'y a pas de temps pour se poser.

Il lui faut vendre du stock.

Vendre du vin et du rêve n'est plus sa tâche, elle le sera pour d'autres ... Cela a failli être pour moi, cela pourra l'être encore... pas maintenant.

Coeur fidèle est partout, il voudrait être chez lui.

Il voudrait écouter un peu plus de musiques, de ces pépites rock psychédéliques d'hier qui n'entrent pas dans les cases minutées de nos radios d'aujourd'hui. Pour cela aussi, on prenait le temps. "Another day in paradise" de Phil Collins, "One for the vine" de Genesis... Ah ! Avec ça, on peut en tondre de l'herbe entre les rangs. Il ne zappe pas. Il tond, griffe, laboure, fait marcher l'intercep, le casque sur la tête.

Parfois, un cheval d'un autre temps vient le soulager en mangeant sa ration d'herbes hautes.

Et les couleurs des cieux continuent à émerveiller notre vigneron qui n'en finit plus de les regarder. Il ne se lasse pas. Il court encore et encore. Il me surprend avec sa voix, ses mots posés. Il court. Il s'attache à la vue de quelques roses et pivoines. Il y a longtemps qu'il ne s'est plus attaché à une seule rose. Le petit prince s'en est allé, le rêveur de ciel est toujours là.

Coeur fidèle n'est pas de retour, à force de regarder les cieux, le voilà dans un avion.

Le domaine doit vivre et son homme de mains doit vendre.

Il restait une lettre de notre histoire de quatre mains, il fallait juste quelques couchers de soleil pour partager la dernière lettre de M.

"Pour palper la palpitante vie....

Écrire, exprimer, ressentir est devenu mon métier.

Quel monde fut pour moi ce domaine, m'absorbant toute entière. Me mettant en poésie totale. De l'œil qui mord le matin brumeux aux trajets radieux, des festins de l'âme à la poussière de suie, du silence des chais au chant des sabots.Vignes, arbres, pierres, vins, sourires... Comme le jour, le tout ponctué par les cloches amies. Personne ne pouvait savoir que ce début d'année aurait engendré une dégustation sous tous ces sens. Quatre mains, quatre semaines... 48h suffisant à révéler à l'un que le complet n'était qu'une vue de l'esprit... D'évidence, rassembler les bêtes qui hurlent en silence et partir. Déserter sans se faire éconduire. Cœur palpitant de tanin... 48h... Pour prendre la hauteur de l'apogée. VERTIGES. Un dernier lancer de dés fatal. Tout s'accélère, envie de mordre, de courir à travers les témoins centenaires, de grimper les églises, les murets, le canasson, la pente de la terre, la palette de quilles, les escaliers de la cuisine... Oui au galop, au pas de course, le cœur battant d'amour.

Quelle envolée, quel appétit, quelle joie : le partage.

Et puis une force invisible fait des nœuds, les mots de trop et l'impasse s'impose.

Dans la voiture, deux mains s'éloignent certes. Mais aussi la bestialité de ma poésie, un équidé, le canis de mon fils, et le félin clandestin arraché à la misère de sa campagne. Le frais adopté n'a pas su, lui non plus, te détourner de ta solitude... Vigneron.

Finalement ton vin est ta femelle, celle qui prend rôle et importance.

Mais pour avoir voyagé 4 semaines dans un torrent de sensations, je sais maintenant que l'océan m'attend quelque part, il aura certainement le goût de merlot et de craie...

Oui l'ombre se disciple dans le rétroviseur, goûts syncopés... Et pourtant entre sanglots, râles il y a le rire, l'euphorie, l'irrépressible envie de galoper.

Enserrer le cèdre centenaire, l'entendre poser sa sempiternelle question : mais où étais tu? Il sait maintenant, que j'existe et que toute entière je l'ai respiré pour m'imprégner à jamais de son écorce, refuge de mon cœur quand la poésie me manquera...

M."

Klimt, un peu

Klimt, un peu

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Mise... aux poings

26 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

Crédit photo : Peter Cornélius
Crédit photo : Peter Cornélius

La voiture de M. s'est éloignée du domaine, il y a...

Depuis une semaine, c'est Cœur fidèle qui s'est éloigné du domaine pour prêcher ses vins, leur histoire et la sienne.

Vendre pour vivre encore sa raison du raisin.

Tout s'agite, ailleurs. Le Domaine vit au ralenti.

Je lis et relis M. qui m'écrit...

"M.

Je viens de lire vos autres mots. Ils existent par mes yeux. Qu'en fait on ? Voulez vous que je les partage ou cela reste entre nous trois. C'est très fort ce que vous avez écrit et c'est, au delà de vos tripes et votre sincérité, une vision comme je le désirais d'une vie dans les vignes avec la paperasse puits sans fond de nos émotions, paperasse qui nous noient, nous efface...

Je vous laisse la décision et vous souhaite l'apaisement si long parfois à venir.

Prenez soin de la vie, de vous."

Caillou

Mise... aux poings

La mise

Trois petites cuves... Et puis s'en vont...

Tu ne t'embarrasses plus du détail, c'est bien.

Vue d'ensemble, total en hectolitres, déclaration simplifiée, recul obligé, distance vitale.

10 cuvées plus tard, tu sais! Tu nous connais et nous te le rendons bien.

2012, nous sommes toutes fraîches sorties de notre deuxième fermentation malolactique... Lactées comme la nuit, au sein du monde...tu nous sèvres de nos fûts. Tu nous arraches de leurs seins.

Soins, sans sons, si suave, symphonie de la sifflante vie...

Quelle est douloureuse la séparation ! Cinglante comme un s, qui C ? A l'oreille, aucune différence et pourtant si éloignées, dans l'alphabet du monde.

Pense-tu au tonnelier? Pense-tu au vent dans les feuilles? Pense-tu a la montée de sève du printemps? Les perçois-tu ces goûts ? Sens-tu l'amour de la lame du bûcheron?

Que te dire vigneron? Nous, nous savons... La qualité du tronc, la fibre, le nœud, la corde et le nid...Sens-tu tout ceci dans le bois, son fumet, sa provenance, qu'importe ? Mais le voyage, le bon traitement et l'amour de celui qui coupe, y penses-tu?

Combien de temps pour que quitte la sève ? Combien de temps pour permettre à la nôtre de se révéler... Pleinement, complètement, éperdument ?

Le temps fait son œuvre, vigneron. Et toi ? Le prends-tu? Pour qui ? Pour quoi, au juste?

Ne t'oublies pas.

Plus tu seras enraciné, plus nos racines trouveront l'eau, la craie et... la joie.

Pense à la tienne, cueille-la...

Ne laisse pas la pourriture œuvrer.

Sois aux aguets, frêle est la lisière...

Tu prends le risque de nous perdre à chaque vendange, évite le pour ton cœur !

M.

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Un colombier cache parfois quelques lettres

24 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

M.

Tu es celle qui s'est éloignée, au volant d'une voiture. Avec des choses à dire et à écrire. Tu étais les deux mains qui allaient ajouter leur style à celui de Coeur fidèle. J'ai cru l'histoire finie. Quelques jours plus tard, tu correspondais avec moi.

Tu as tant à dire.

Et puis, hier soir, j'ai eu ce message sur mon répondeur téléphonique où tu me disais que le temps était venu de partager tes mots... Le temps d'adoucir les tanins de deux hommes aux nombreux goûts en commun... Ces dernières semaines avaient fait leur oeuvre.

Coeur fidèle t'a donné son accord sur ces riens de précis mais où tout est intime.

La tristesse d'une séparation a laissé place au vol d'une colombe porteuse de messages...

Un colombier cache parfois quelques lettres

"Oh que non tu n'as rien oublié...

Toi, l'homme, tu fleuris enfin... Le printemps dans l'hiver. Tu crois que nous dormons, que nous n'acceptons que quelques coup de Felco en attendant de t'offrir nos fruits. Tu te trompes, là encore.
Comme nous, tu deviens éternel, comme nous tu acceptes d'être enfermé dans un flacon...
Quoi de plus, finalement ? N'est-ce pas la vie, n'est-ce pas là le sang de la vigne ? Pousser,
fleurir, porter le fruit, l'offrir, mourir... Dans une bouteille... A l'abri des regards et
de la lumière, pour revenir à la terre...

Terre pour ne pas se taire !
Tu es enfin, la terre, le cep, la feuille, le fruit, le ciel et l'eau... Tu brûles d'amour enfin... Tu
vas extraire le nôtre...
Le chant ne pourra plus s'éteindre. Tu chantes, elle chante, nous chantons, en coeur.
Enfin tu ouvres les yeux, enfin tu ressens la soif...
Nous y sommes : la soif, ne faut il pas la connaître, la ressentir, dans chacune de ses cellules pour étancher le monde.

Si, tu es enfin libre, et par là tu nous libères. Accepte de nous voir telles que nous sommes,
des plantes, aux regards intenses, portant le vert à l'espérance, portant le vin au coeur et le
coeur aux lèvres. Chante pour nous vigneron, chantons et que chaque molécule se charge
d'émotions, explose en chaque être.

Sois fier, Vigneron...

Ton vin devient céleste et guidera vers des rivages inconnus, vers des berges de plaisir.

Sublime l'inconnu.

Surprends toi, surprends nous.

Abandonne toi, comme nous nous abandonnons à vous.

S'en remettre... Toujours.

Viens donc quand le poids du papier sera trop lourd...

Te rappeler à notre contact que sans chlorophylle, rien ne serait... Ce poids n'est qu'un jour, qu'une heure, qu'une minute en comparaison des siècles.

Sois grand, n'aie crainte.

Aime nous comme nous t'aimons.... Mêlons nos sangs, Vigneron, nous sommes de la même race.

Osons le croisement des genres. Inventons le sur-greffage universel.

Rendons au monde ce qu'on lui doit...

M."

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Ecrire ma vie

22 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

D'un brouillon, nous parviendrons à ce que nous voulons.
D'un brouillon, nous parviendrons à ce que nous voulons.

"L’unique joie au monde c’est de commencer. Il est beau de vivre parce que vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant."

Le métier de vivre - Cesare Pavese

Coeur fidèle,

Entre Toulouse et Paris, des feuilles se sont habillés de mots... Depuis un peu plus d'un mois...

J'ai traversé la France et rencontré des paysages et des vignerons. La moitié du mois de mars, je l'ai vécu en fermant souvent les yeux. J'ai essayé de ne pas me retourner trop fréquemment sur un passé douloureux, la perte de M'Amuses. Mais c'est là et cela m'accompagnera jusqu'à la fin. Bientôt, 17 heures, ce dimanche 22 mars, et cela en sera fini pour ce triste anniversaire.

Voilà, en grande partie, pourquoi je ne suis pas arrivé à finir des textes que destinais à ce blog, pourquoi je n'ai pas répondu à ta première lettre.

Comme d'autres, un jour, tu m'as écris que mes phrases t'avaient touché. Mis à part lire un homme qui partage, essaie de rassembler autour du vin, que sais tu de moi ? Que savent les lecteurs de ce blog, de mes pages et profils exposés sur les réseaux sociaux ? Qu'apprend-on de moi, de mon être social, de ce que je fais "dans la vie" moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Comment un buveur de poèmes "gagne sa vie" ?

C'est étrange, tout est arrivé en même temps. Alors que j'appréhendais mars, j'ai été plusieurs fois sollicité, contacté par des personnes qui me demandaient des conseils pour entrer dans le monde du vin soit qu'ils me croyaient caviste, soit qu'ils m'imaginaient consultant ou coach pour jeunes commerciaux (si, je t'assure). Ils m'ont pris "les tripes" avec leurs demandes. Le summum, ce qui m'a fait penser qu'il y avait une mise au point à faire - l'objet de cette lettre - c'est la réception du message suivant : un étudiant en commercialisation des vins au lycée agricole et viticole d'Amboise me demandait comment j'avais commencé, quels pièges éviter pour s'établir en tant que caviste.

Ma première question fut de lui demander qui lui avait donné mes coordonnées. C'était l'un de ses professeurs, un brillant meneur de chevaux pour préparer les sols qui feront les vins de demain, un ami facebook. Amusant ? Non ! J'étale ma vie et je ne dis rien de ce qui me précise dans la société.

Alors voilà, qui suis-je pour toi, pour eux, pour moi ?

Un homme qui ose être fragile, c'est bien plus simple pour écrire des poèmes. Un homme qui observe.

Qu'en est il de l'acteur, de mon rôle à jouer professionnellement ?

Il y a le titre du journal de Cesare Pavese qui me revient : "Le métier de vivre".

Pour le moment, je ne rentre pas dans les cases. A l'occasion, je remplace des cavistes lorsqu'ils veulent partir en vacances, je suis "l'intermittent caviste" (mon pseudo d'avant "Buveur de poèmes). Pourquoi ne pas le faire à temps plein ? Parce que je cherche une solution pour conserver la garde alternée de mes deux jeunes enfants, que je ne me résous pas à les laisser davantage à leur mère.

Depuis cet été, des hommes et des femmes, orfèvres du vin m'ont proposé d'être leur fenêtre sur Paris auprès de cavistes et de restaurateurs. Là, je balbutie.

J'ai fait aussi ma première animation-dégustation payante.

Et j'ai aimé cela.

Qui je suis ? Un amoureux du vin et de l'humain, qui n'arrive pas à faire des sacrifices, qui a beaucoup de doutes, qui a peur du R.S.I, qui a peur de perdre le peu qu'il a, qui voudrait savoir ce que sera demain.

Ce que je sais, c'est que je suis vivant et tellement confiant quand je suis en présence d'inconnus que je rassemble autour de vins, quand j'écris et retranscris les merveilles bues et découvertes.

A tout bientôt,

Caillou

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Un peu moins de quatre mains, à l’autre bout de notre chaîne d’ancre.

21 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

Mon frère d'encre

Mon frère d'encre

"Venez vous asseoir là, venez je vous en prie. Je vous offrirai du vin noir aux éclats de granit et de foudre. Le vin d'une vigne sauvage et écumant de lumière. Des vignes farouches et fières, dont les ceps insolents se jettent vers le ciel. Ce vin-là oui, je vous l'offrirai. Animal, organique, ce vin-là ne se boit qu'une fois : nul n'y a jamais trempé ses lèvres...Venez, vous serez bien ici...Je prendrai soin de vous, vous inviterai au silence et vous inventerai la pluie, la pluie lorsqu'elle ne tombe pas mais se pose ; une pluie bleue remplie de ciel...Venez, il y aura de la musique, des chants venus d'ailleurs, sans doute de cet endroit qui m'importe, ce non lieu où vous vous tenez..."

Edith Azam - Mon frère d'encre

Cœur fidèle a ouvert le flacon d'encre.

Les mots se bousculent. Il faut parfois du temps pour les agencer, dompter les tristes souvenirs, les joies passées et à venir, les espoirs. Mais tout vient toujours...

Samedi 21 Février, fin de matinée,

Je vais ouvrir ma boite aux lettres, l’objet en métal. J’ai une clef, un mot de passe qui tient dans la main. Je n’ai pas encore ouvert le courrier. J’ai des souvenirs de mails.

C’était… Il y a... Après tout, peu importe.

Sur mon compte facebook, je vois des like à mes propos, mes photos. Pourquoi maintenant et rien avant malgré nos entrevues…?

Alors, je lui demande. Sa réponse est l’origine de "Cœur fidèle"

"Cœur fidèle -

Bonjour Franck,

Je survis dans ma bâtisse humide et trop grande pour moi tout seul...
J'adorerais faire connaissance. J'aime les hypersensibles -mes frères et mes sœurs-, j'aime penser qu'ils vont me reconnaître en plongeant dans une de mes bouteilles. Toi, ce sont les mots et l'énergie que tu mets à découvrir des hommes et des femmes du vin qui m'ont fait te découvrir. Oui, j'aime beaucoup ce que je vois et lis de toi ! Je suis en pays de connaissanc
e

Caillou – Buveur de poèmes -

Touché ! Alors, je te propose ceci. J'espère que tu trouveras un peu de temps à m'accorder entre ta bâtisse humide et tes belles œuvres viniques : j'aimerai entretenir une correspondance sous forme de début de lettre photographiée. Tu y raconterai tes joies, espoirs et doutes, ce qu'est ton pays, tes mots simples du vin, tes poésies, tes vignerons, ton mentor… Il y aurait une lettre par mois accompagnée d'un tableau, d'une musique. Je voudrais quelque chose qui s’inscrive dans l'intemporel mais qui soit publié sur un blog à venir.

Qu'en penses tu ?"

"Ô temps suspend ton vol,
Et vous, heures propices suspendez votre cour
s"

Une poignée de jours plus tard…. Une femme

"Caillou – Buveur de poèmes -

Bonjour,
Il faudra que tu me donnes son prénom juste pour moi. Aies confiance. J'ai une idée supplémentaire. Et si vous restiez mystérieux. Vous ne serez qu'une seule personne. Parlez de votre vie en bordelais sans jamais donner trop d'indices (pas de photos précises) et disons en décembre nous révélerons si vous le voulez bien le domaine. Qu'en pensez vous ? Voici mon mail : ……
.

Prêt à écrire tes états d'âme, tes envies, tes regrets, tes remords, tes regards, touchers, écoutes..."

Semaine du…. 2015

Une voiture s’eloigne du domaine, au loin,

Avec elle, deux mains,

Un peu moins de quatre mains, à l’autre bout de notre chaîne d’ancre.

Samedi 21 février 2015,

J'ouvre la première lettre avec vous.

Être dirigé vers moins d'évidence, moins de glamour. Lire une vie de vigneron avec ce qu'il doit supporter, faire. Je verrai plus tard ou quand il voudra le simple, l'agréable, l'attendu, le touristique...

Être dirigé vers moins d'évidence, moins de glamour. Lire une vie de vigneron avec ce qu'il doit supporter, faire. Je verrai plus tard ou quand il voudra le simple, l'agréable, l'attendu, le touristique...

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"Coeur fidèle"

12 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

"Coeur fidèle"

"Ardéchois, coeur fidèle",

je ne sais pourquoi je me souviens de cette série télévisée des années 70. Ouch, cela me ramène au siècle dernier ! J'étais très jeune...

Mais non, bien sûr que non, je sais pourquoi je me souviens ! Enfin, surtout, depuis que j'ai osé quelques voyages en mon for intérieur. Ce feuilleton faisait vibrer des cordes d'émotions et de valeurs que j'ai développé ensuite.

Aujourd'hui, j'essaie de les retranscrire dans mes écrits, les partager lors de mes rencontres.

De cette série, qu'en percevais je ? Une humanité profonde et belle dans ses faiblesses, ses amitiés et même ses violences. J'ai oublié la soif de vengeance de Toussaint, point de départ de la série. Je n'ai retenu que le compagnonnage (ici, des menuisiers) monde fermé où l'ancien soldat Toussaint se fait accepter pour retrouver l'assassin de son frère. Est resté la solidarité, la fidélité, l'ambivalence entre humains, des principes de vie et de travail bien fait.

Bien sûr, il y avait les scènes de combat "à la cane". J'ai toujours été fasciné par cet objet qui soutient nos pas, objet d'appartenance à un groupe, une catégorie sociale. Bref, c'est une chose que je n'explique pas et qui m'accompagnera toute ma vie.

Mais au delà de tout, je retiens les scènes d'écritures, de correspondance.

Je regardais la télévision, l'envie de lire viendrait après.

Je lirais bien plus tard Choderlos de Laclos ou la correspondance entre Martin Schulse et Max Eisenstein...

Et pourquoi les correspondances, les cheminements, les destins... Pourquoi ?

"Toutes ces questions où ça mène ? ... A l'amitié"


J'avais envie de vivre un dialogue épistolaire à l'ère du numérique, un échange de mots avec un habitant des vignes, de sa bâtisse humide à ma ville et ses maisons souvent anonymes.

Je l'appellerai donc "Coeur fidèle", cette relation épistolaire.

D'ici fin février, vous serez les lecteurs de notre correspondance. Chaque article débutera par un début de lettre photographiée comme un rappel au papier, notre ancien support de mots.

Les joies, espoirs et doutes, nos poésies, nos vignerons, notre mentor si nous en avons un... La vigne, la vie, un autre regard, une autre écoute... d'un homme, d'une femme. Pour brouiller les pistes, à l'autre bout de ma correspondance, il y aura quatre mains.

Vous ne saurez pas qui sont les auteurs.

Bientôt, attachez vous aux mots.


"Coeur fidèle" - La nouvelle rubrique sur le blog de Caillou - Buveur de poèmes

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