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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

Articles avec #mes poetes divins tag

Mistelle, misto, mystère

30 Juillet 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Mes poètes divins

Un soleil couché en bouteille.
Un soleil couché en bouteille.

Un soleil couché en bouteille.

Mistelle*, c’est le mot qui m’est venu lorsque la bouteille fut vidée.
Une bouteille livrée en mains propres par le facteur quelques jours plus tôt.
Un vin de Reignac accompagné de jolis mots de Nicolas Lesaint. Il me proposait de goûter une inconnue et pourquoi pas d’y trouver une poésie…

"Tu seras le premier, vraiment, à en boire, le premier extérieur à ce cercle proche qui m'entoure, je suis impatient à savoir si elle saura accrocher un vrai moment de vie"

Le matin du jour choisi, je plaçais le présent de Nicolas au plus bas du réfrigérateur. Plus précisément, je le couchais parmi les tomates rougies par un soleil de village français, le fenouil, une branche de céleri, des carottes, une pomme granny smith, du citron vert à zester, un dos de saumon fumé.

Oui, j’imaginais déjà un accord avec la couleur de ce soleil couché en bouteille. Quelles seraient les sensations, les notes aromatiques qui chanteraient une équipe, un terroir, un bordeaux qui ne veut pas être supérieur mais tellement plus...
La couleur ambre et dorée, le nom ne m'amèneraient pas vers une fin de repas. Non, c'est toute une chanson d'Higelin que j'espérais rencontrer dans ce flacon. "Encore une journée d'foutue" comme je les aime. Cela allait finir la journée et commencer une longue soirée sous les étoiles.

Finalement, je souhaitais à « Pitite douceur » (le nom de cette cuvée) d'être un appel à la nonchalance.
Prêt ?

En voyant la couleur, imaginant le verre pleurer par le choc thermique, je me rêvais avec « ma tigresse toute auréolée de ses tresses » enfoncés dans les coussins du canapé.
Le soir est arrivé. La chaleur caniculaire faisait des heures supplémentaires.

C’est là que tout s’est faussé.

Têtes à la renverse, peaux cherchant à s’offrir à une fraîcheur qui a oublié notre rendez-vous.

On commence sans rien de solides, des abricots tendres pas encore tout à fait secs s'invitent dans le salon. Je vois ce vin alors plus comme une cartagène. La chaleur sans doute, fausse mon jugement. Je regarde sur le côté et admire la restauration de son lit d’enfance, un pliant en fer forgé qu’elle vient de repeindre et d’habiller de jolis coussins.

Enfances, influences.

Voilà que je trouve des notes aromatiques d’écorces d’oranges. Je pense aux Sarments, à une alliance de chocolat noir avec la saveur d’orangettes. Je ne sens plus, je revois une orange piquée de clous de girofle au fond de l’armoire. L’armoire, je l’entrevois sûrement à cause d’un soupçon de cire d’abeille… Encore un scénario d’foutu, ma dégustation orchestrée qui se fait bousculer par la vie, par mon Elle qui ne va pas percevoir tout à fait les mêmes notes.
J’avais imaginé quelque chose un peu moins moelleux sûrement dû aux chenins que j’aime boire depuis un certain nombre d’années.
L’accord prévu ne se fera pas. Tant pis, je n’ai pas acheté de melon, ni de fourme d’Ambert, ni de feta. Tiens, on aurait pu s'attabler avec un carpaccio de melon, de la feta… comme un millefeuilles.

On passe dans le jardin, à la recherche d'une brise hypothétique. C’est un jardin commun aux locataires et propriétaires. Il y a là des arbres qui chantent d’insectes, des grenouilles se font entendre au loin dans cette rivière nommée Vendinelle qui n'est plus qu'un souvenir. Des roses donnent autant leur parfum que la beauté de leur forme. La bouteille pleure sous la chaleur. Et ça change nos verres. Une petite amertume en fin de bouche se révèle. Depuis le début, le sucre n’est pas un obstacle. On finira la bouteille surtout depuis qu’une ombre s'est dirigée vers nous... une voisine. C’est Régine qui s’amuse à la vue du chat de mon Elle qui se fait courser par son chien. Des rires bienvenus dans une fraîcheur nocturne tant espérée.
Nous l’invitons à prendre un verre. Elle aime comme nous. Elle y trouve des notes d’agrumes. Elle estime que « ça tape » un peu. On s’accorde sur un 15 degré.
Je lui avoue mon ignorance quand au cépage, aux cépages qui comblent ces papilles. J’y vois un assemblage de sauvignon et de muscadelle parce que le vin vient de Bordeaux. Oui, je sais, je lis trop.
Mon esprit se remet à galoper. Je n’arrive pas à me détacher de l’idée que ce n’est pas fait classiquement. J’ai envie de moût de raisin frais avec son sucre auquel le poète de Cabara aurait ajouté de l’eau de vie. « Eau de vie » que j’aime ces mots quand on les démêle.

Jacques Higelin a depuis longtemps fini sa chanson.
Le premier accord parfait.
Les étoiles piquent le ciel, nous sommes trois à parler, boire, rire et finalement ça me va très bien même si c’est loin de ce que j’avais imaginé.
Le deuxième accord parfait.
Il fait chaud et j’imagine une veillée de Noël où Nicolas serait avec sa Lilou, tout proches, à crayonner des rêves sous le regard attendri de Stéphany. Peut-être quelques orangettes confites, du chocolat, un peu de pâte de coing seraient à portée de main. Il y aurait une autre chaleur, celle d’un feu de cheminée. Et une autre chanson du répertoire du grand Jacques : « Ce qui est dit doit être fait »
Le troisième accord parfait.

Au fait, je ne vous ai pas dit ce que j’avais décelé au premier nez ? Un parfum de complicité entre un père et son enfant.

Il y a presque un an,
Sous une même chaleur, j'ai vu cet homme venir à ma rencontre.
Nicolas Lesaint.
J'entends encore les graviers sous nos pieds.
J'ai perçu la douceur instantanément, les questionnements, les prises de décisions dans la main qu'il me tend.
Tour dans les vignes, au volant,
ses cheveux aux vents et moi habillé pour la plage.
Des bambous qui ont leur place, un ponton qui marque mon regard, un bonsaï.
Un pigeonnier et des vins qui lévitent,
Un cliquètement métallique et l'imagination de Monsieur Vatelot en action.
Tout est sérieux et tout ne semble être qu'un jeu.
D'une des fenêtres, Nicolas me donne à rêver un jardin des senteurs comme j'en ai imaginé un pour ailleurs.

Mistelle* : de l’italien Misto (Mélangé) boisson alcoolisé à base de moût de raisin auquel on ajoute de l’eau de vie.
Ex. : Pineau des Charentes, Cartaghène…

Pitite douceur 2014
Château de Reignac
38 Chemin de Reignac
33450 Saint-Loubès

Précision au 30 juillet 2015 : Début juillet, un souci informatique ne m'a pas permis de publier ce texte ici. Il n'a donc été lisible dans un premier temps que sur la page facebook Buveur de poèmes, p

uis dans le billet de Nicolas du 7 juillet http://reignac.com/blog/2015/07/tout-ce-qui-nest-pas-donne-est-desormais-perdu.html

Retrouver ma philosophie de vie dans les mots du poète de Cabara, voir mon texte dans ce billet m'a ému.

Rassembler, partager, savoir pourquoi je suis là.

Merci à toi, Nicolas.

https://www.youtube.com/watch?v=kO0r2eWpwdM&feature=share

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"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"

5 Avril 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Mes poètes divins

Quentin
Quentin

Un jour, nous arriverons à mettre nos rires et nos joies en bouteilles. Alors, nous ne serons plus jamais saouls, juste ivres de bonheur. Quelques bouteilles m'ont déjà fait croire que cela était possible...

Le chemin le plus court pour arriver jusqu'à soi n'est pas forcément la ligne droite.

Laissez moi vous présenter un jeune homme. Un jeune qui en veut, qui vous souhaite votre anniversaire en n'oubliant pas de laisser un lien internet vers son domaine, un homme qui parle vite comme pour rattraper des moments qui lui auraient échappé.
On le voit partout et jamais où l'on pourrait s'attendre à le rencontrer. Du jus de fruit, vin d'enfance, à la paire de lunette en douelle recyclée, il ne marche qu'à un seul carburant : l'amour. Il le cherche dès l'aube, n'a plus de temps pour dormir...
Il rêve éveillé, agité. Il rêve toujours de ce petit garçon assis sur un muret près de vignes, celui qui accompagnait ses grands parents. Il est en train de laisser sur le bas côté de son chemin l'adolescent plein de rages.

Auparavant...

De ses divers métiers pratiqués il acquiert la maîtrise. Mais il n'est pas encore proche de ce qui va l'apaiser : La Terre. Du commerce de vins pratiqué du fond d'un garage, il constitue son réseau. Sa volonté de toujours tout comprendre le pousse un peu plus vers son destin : faire son vin. Il rencontre des guides comme Jean Bernard Berthomé du Domaine Huet (Vouvray) et c'est Pascal Pibaleau (entre Azay le Rideau et Langeais) qui lui tendra la main pour s'établir.

Cet homme, je l'ai rencontré la première fois un jour de coup de foudre. De l'amour et des amitiés dans un palais de glaces. C'était le premier salon de "La levée de la Loire" à Paris. Il était en formation, travaillait pour feu le domaine "les Loges de la folie". Nous nous sommes retrouvés peu après, quelques mois plus tard, même pas le temps d'une année, après ce mauvais coup du destin qui avait frappé mon cœur. Il a été là pour moi. Son domaine est né à cette époque. Il y a eu de nombreuses conversations téléphoniques et puis nous nous sommes retrouvés chez lui, près d'Azay le Rideau... Tout près de Chinon. J'ai fait la connaissance d'Angélique sa compagne, j'ai vu une maison en travaux, une autre habitation troglodyte, des vins en devenir, des idées d'étiquettes pour ses bouteilles. J'ai vu un ventre rond et des promesses d'avenir. Tout cela je l'ai vu comme un bouillonnement. Et j'ai souri parce que j'ai vu celles qui l'apaisent : Angélique et ses vignes. Faire la route ensemble vers Cabrières, une jolie appellation du Languedoc, nous a un peu plus rapproché. Il présentait ses vins pour la première fois dans le Sud lors de l'intime salon "Le Printemps des Vignerons" organisé par Céline et Romain du Clos Romain. J'aime tellement ce salon. Beaucoup de ce qui fut dit, échangé avec ce jeune homme restera de l'ordre de l'intime.

Quentin Bourse, puisqu'il s' agit de lui, fait son vin depuis un an. Il a fait bouger comme personne le sens du mot marketing autour du vin en seulement une petite année.
Il a testé en ce laps de temps différentes méthodes de vinif', du tranquille à la bulle. Et l'amphore a déjà sa place au domaine pour magnifier certains jus. Grolleau, cabernet franc, côt, ch'nin nous régalent avec cette vivacité tellement représentative, selon moi, de ce qui meut Quentin.
Il a fait voler un drone au dessus de vignes pour un clip léché, fait fabriquer - à partir de douelles de mon côt chéri - des skates et des sunglasses 100% frenchies ?
...

Qui sponsorise une équipe de hockey ?
Qui va nous réserver de belles surprises encore et encore ?

Celui qui fait, avant tout, des vins qui sont devenus pour quelques uns les miens.
J'espère qu'ils deviendront les vôtres.

Quentin, pour ce jour où tu as préféré rester dans les vignes, il me tardait de partager avec toi ceci. Pense à nous, la prochaine fois, que le soleil se couchera sur ta terre.

Ton ami fidèle, Buveur de poèmes

Le Sot de l'Ange.

15 rue des caves – 37150 La Croix en Touraine ou 68 rue de Langeais - 37190 Azay le Rideau

AOC : Touraine Azay-le-Rideau

02 47 48 37 98 / 06 88 91 20 45

ww.lesotdelange.fr.

(merci à Rémy Bousquet pour la création de cette formule "le vigneron des anges" que j'ai emprunté pour le titre de ce texte)

"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
(créd. photo : Quentin Bourse)

(créd. photo : Quentin Bourse)

"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
"Quentin Bourse, le vigneron des anges !"
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Laurent Herlin

3 Février 2015 , Rédigé par Caillou - Buveur de poèmes Publié dans #Mes poètes divins

Parler d'un vigneron qui vous marque, en compagnie de qui j'ai foulé la "Terre d'adoption"...

Parce qu'au départ il n'était qu'un gars de la ville. D'une ville loin de cette centrale qui fait les nuages de Chouzé et ses environs comme ma belle Chinon chère à mon cœur.
J'aurai pu vous parler de ce géant qui m'a pris dans ses bras, un certain jour de Mars 2014.

J'étais si petit et fragile ce jour là.
Il avait ce sourire doux que je lui avais trouvé sur le visage lorsqu’Anne nous avait mis face à face. C'était au Palais des glaces de Paris.

Je venais de la rencontrer, elle aussi.
Anne Graindorge dont je suis tombé amoureux un jour où je cherchais un "autre" Bourgueil. Un lien internet, un blog, le sien (http://annegraindorge.fr/), m'avait intrigué. On y parlait d' Herlin l'Enchanteur.

Le croirez-vous ? C'est ce jour là qu'une femme, une fée de Loire, par la magie de ses mots agencés, est devenue plus que tout pour moi l'espace d'une de mes vies.

Elle est devenue « M'Amuses » parce que ses mots transcendaient la réalité des vignes, des hommes et femmes qui les travaillent, du simple jus au plaisir en devenir. Elle n'était d'aucunes chapelles si ce n'est de celle qui respecte, ne juge pas, de celle qui me fait parfois croire que la Vie est Magie.

Ma rencontre du 3° type, c'est Elle, ma Loire, ma Pluie, M'Amuses.
Elle qui m'a aidé à exprimer mes désirs de poèmes.

Illuminations était le cabernet franc que j'ai longtemps cherché. Je l'ai découvert par les mots d'Anne et j'ai aimé les trois ce même jour : Anne, Laurent, le vin.

Trois, Trinité, Troisième type...

Dans le cas où il serait "important" d'écrire sur les perceptions gustatives d'"Illuminations", prenez ce souvenir supplémentaire :

Anne et moi sommes près d'un fût d'Illuminations. C'est la première fois que nous allons le goûter ensemble. Laurent tire, verse et ses yeux rient s'offrant à notre futur plaisir. Ils nous offrent son désir d'une autre vie, celle de profiter de sa compagne, ses enfants, la nature, les amis... de la Vie sans faux semblants.

Et c'est bien tout cela ce cabernet franc !
Il m'est rentré dedans alors qu'il ne voulait pas s'ouvrir. Il m'a agrippé de ses doigts féminins. Un soupçon de vernis vite estompé. Une touche de rusticité a tenté de masquer ensuite le premier effet. L'homme et la femme sont dans ce vin. C'est un couple (Laurent et Valérie, je les ai découverts depuis dans Les Champs de Colesses). Lorsque cette évidence se révéla à mes papilles, le fruit s'invita. Empli de soleils et d'espérances, j'ai frissonné. J'ai regardé Anne. Elle m'a dit "C'est un vin qui donne envie de le savourer, bien calés, au fond d'un canapé".
J'ai su alors que nous serions Deux.

Depuis...

J'ai goûté sur fût, guetté une bulle qui tardait à venir (Cintré), marché avec mon géant - sourires et larmes mêlés -, j'ai touché les cailloux des Champs Colesses.

J'ai trouvé un ami en lisant des mots sur un écran.

J’ai vécu un grand amour pour et par l'amour du Vin.

Anne Graindorge a quitté ce monde et a rejoint notre Loire.

J'ai un ami et il s’appelle Laurent Herlin.

Je dédie ce texte à une autre magicienne des mots, « enchanteresse d’étiquettes » et de la pierre aimée : A toi, Valérie.

1, Le Plessis

37140 Chouzé-sur-Loire

06.14.23.57.45

http://www.laurentherlin.com/

http://www.valerieherlin.com/

http://www.valerieherlin.com/index.php/galerie/naturellement-tuff/product/show/25-bouteille-ivre

Laurent Herlin
Crédit photo : Quitou. Vous voulez en savoir plus sur l'homme qui se cache derrière l'objectif, c'est ici : http://quitou.com/

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Laurent Herlin
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