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Buveur de poèmes, le blog de Franck Kukuc

Mise... aux poings

26 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

Crédit photo : Peter Cornélius
Crédit photo : Peter Cornélius

La voiture de M. s'est éloignée du domaine, il y a...

Depuis une semaine, c'est Cœur fidèle qui s'est éloigné du domaine pour prêcher ses vins, leur histoire et la sienne.

Vendre pour vivre encore sa raison du raisin.

Tout s'agite, ailleurs. Le Domaine vit au ralenti.

Je lis et relis M. qui m'écrit...

"M.

Je viens de lire vos autres mots. Ils existent par mes yeux. Qu'en fait on ? Voulez vous que je les partage ou cela reste entre nous trois. C'est très fort ce que vous avez écrit et c'est, au delà de vos tripes et votre sincérité, une vision comme je le désirais d'une vie dans les vignes avec la paperasse puits sans fond de nos émotions, paperasse qui nous noient, nous efface...

Je vous laisse la décision et vous souhaite l'apaisement si long parfois à venir.

Prenez soin de la vie, de vous."

Caillou

Mise... aux poings

La mise

Trois petites cuves... Et puis s'en vont...

Tu ne t'embarrasses plus du détail, c'est bien.

Vue d'ensemble, total en hectolitres, déclaration simplifiée, recul obligé, distance vitale.

10 cuvées plus tard, tu sais! Tu nous connais et nous te le rendons bien.

2012, nous sommes toutes fraîches sorties de notre deuxième fermentation malolactique... Lactées comme la nuit, au sein du monde...tu nous sèvres de nos fûts. Tu nous arraches de leurs seins.

Soins, sans sons, si suave, symphonie de la sifflante vie...

Quelle est douloureuse la séparation ! Cinglante comme un s, qui C ? A l'oreille, aucune différence et pourtant si éloignées, dans l'alphabet du monde.

Pense-tu au tonnelier? Pense-tu au vent dans les feuilles? Pense-tu a la montée de sève du printemps? Les perçois-tu ces goûts ? Sens-tu l'amour de la lame du bûcheron?

Que te dire vigneron? Nous, nous savons... La qualité du tronc, la fibre, le nœud, la corde et le nid...Sens-tu tout ceci dans le bois, son fumet, sa provenance, qu'importe ? Mais le voyage, le bon traitement et l'amour de celui qui coupe, y penses-tu?

Combien de temps pour que quitte la sève ? Combien de temps pour permettre à la nôtre de se révéler... Pleinement, complètement, éperdument ?

Le temps fait son œuvre, vigneron. Et toi ? Le prends-tu? Pour qui ? Pour quoi, au juste?

Ne t'oublies pas.

Plus tu seras enraciné, plus nos racines trouveront l'eau, la craie et... la joie.

Pense à la tienne, cueille-la...

Ne laisse pas la pourriture œuvrer.

Sois aux aguets, frêle est la lisière...

Tu prends le risque de nous perdre à chaque vendange, évite le pour ton cœur !

M.

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Un colombier cache parfois quelques lettres

24 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

M.

Tu es celle qui s'est éloignée, au volant d'une voiture. Avec des choses à dire et à écrire. Tu étais les deux mains qui allaient ajouter leur style à celui de Coeur fidèle. J'ai cru l'histoire finie. Quelques jours plus tard, tu correspondais avec moi.

Tu as tant à dire.

Et puis, hier soir, j'ai eu ce message sur mon répondeur téléphonique où tu me disais que le temps était venu de partager tes mots... Le temps d'adoucir les tanins de deux hommes aux nombreux goûts en commun... Ces dernières semaines avaient fait leur oeuvre.

Coeur fidèle t'a donné son accord sur ces riens de précis mais où tout est intime.

La tristesse d'une séparation a laissé place au vol d'une colombe porteuse de messages...

Un colombier cache parfois quelques lettres

"Oh que non tu n'as rien oublié...

Toi, l'homme, tu fleuris enfin... Le printemps dans l'hiver. Tu crois que nous dormons, que nous n'acceptons que quelques coup de Felco en attendant de t'offrir nos fruits. Tu te trompes, là encore.
Comme nous, tu deviens éternel, comme nous tu acceptes d'être enfermé dans un flacon...
Quoi de plus, finalement ? N'est-ce pas la vie, n'est-ce pas là le sang de la vigne ? Pousser,
fleurir, porter le fruit, l'offrir, mourir... Dans une bouteille... A l'abri des regards et
de la lumière, pour revenir à la terre...

Terre pour ne pas se taire !
Tu es enfin, la terre, le cep, la feuille, le fruit, le ciel et l'eau... Tu brûles d'amour enfin... Tu
vas extraire le nôtre...
Le chant ne pourra plus s'éteindre. Tu chantes, elle chante, nous chantons, en coeur.
Enfin tu ouvres les yeux, enfin tu ressens la soif...
Nous y sommes : la soif, ne faut il pas la connaître, la ressentir, dans chacune de ses cellules pour étancher le monde.

Si, tu es enfin libre, et par là tu nous libères. Accepte de nous voir telles que nous sommes,
des plantes, aux regards intenses, portant le vert à l'espérance, portant le vin au coeur et le
coeur aux lèvres. Chante pour nous vigneron, chantons et que chaque molécule se charge
d'émotions, explose en chaque être.

Sois fier, Vigneron...

Ton vin devient céleste et guidera vers des rivages inconnus, vers des berges de plaisir.

Sublime l'inconnu.

Surprends toi, surprends nous.

Abandonne toi, comme nous nous abandonnons à vous.

S'en remettre... Toujours.

Viens donc quand le poids du papier sera trop lourd...

Te rappeler à notre contact que sans chlorophylle, rien ne serait... Ce poids n'est qu'un jour, qu'une heure, qu'une minute en comparaison des siècles.

Sois grand, n'aie crainte.

Aime nous comme nous t'aimons.... Mêlons nos sangs, Vigneron, nous sommes de la même race.

Osons le croisement des genres. Inventons le sur-greffage universel.

Rendons au monde ce qu'on lui doit...

M."

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Ecrire ma vie

22 Mars 2015 , Rédigé par Buveur de poèmes Publié dans #Coeur fidèle

D'un brouillon, nous parviendrons à ce que nous voulons.
D'un brouillon, nous parviendrons à ce que nous voulons.

"L’unique joie au monde c’est de commencer. Il est beau de vivre parce que vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant."

Le métier de vivre - Cesare Pavese

Coeur fidèle,

Entre Toulouse et Paris, des feuilles se sont habillés de mots... Depuis un peu plus d'un mois...

J'ai traversé la France et rencontré des paysages et des vignerons. La moitié du mois de mars, je l'ai vécu en fermant souvent les yeux. J'ai essayé de ne pas me retourner trop fréquemment sur un passé douloureux, la perte de M'Amuses. Mais c'est là et cela m'accompagnera jusqu'à la fin. Bientôt, 17 heures, ce dimanche 22 mars, et cela en sera fini pour ce triste anniversaire.

Voilà, en grande partie, pourquoi je ne suis pas arrivé à finir des textes que destinais à ce blog, pourquoi je n'ai pas répondu à ta première lettre.

Comme d'autres, un jour, tu m'as écris que mes phrases t'avaient touché. Mis à part lire un homme qui partage, essaie de rassembler autour du vin, que sais tu de moi ? Que savent les lecteurs de ce blog, de mes pages et profils exposés sur les réseaux sociaux ? Qu'apprend-on de moi, de mon être social, de ce que je fais "dans la vie" moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Comment un buveur de poèmes "gagne sa vie" ?

C'est étrange, tout est arrivé en même temps. Alors que j'appréhendais mars, j'ai été plusieurs fois sollicité, contacté par des personnes qui me demandaient des conseils pour entrer dans le monde du vin soit qu'ils me croyaient caviste, soit qu'ils m'imaginaient consultant ou coach pour jeunes commerciaux (si, je t'assure). Ils m'ont pris "les tripes" avec leurs demandes. Le summum, ce qui m'a fait penser qu'il y avait une mise au point à faire - l'objet de cette lettre - c'est la réception du message suivant : un étudiant en commercialisation des vins au lycée agricole et viticole d'Amboise me demandait comment j'avais commencé, quels pièges éviter pour s'établir en tant que caviste.

Ma première question fut de lui demander qui lui avait donné mes coordonnées. C'était l'un de ses professeurs, un brillant meneur de chevaux pour préparer les sols qui feront les vins de demain, un ami facebook. Amusant ? Non ! J'étale ma vie et je ne dis rien de ce qui me précise dans la société.

Alors voilà, qui suis-je pour toi, pour eux, pour moi ?

Un homme qui ose être fragile, c'est bien plus simple pour écrire des poèmes. Un homme qui observe.

Qu'en est il de l'acteur, de mon rôle à jouer professionnellement ?

Il y a le titre du journal de Cesare Pavese qui me revient : "Le métier de vivre".

Pour le moment, je ne rentre pas dans les cases. A l'occasion, je remplace des cavistes lorsqu'ils veulent partir en vacances, je suis "l'intermittent caviste" (mon pseudo d'avant "Buveur de poèmes). Pourquoi ne pas le faire à temps plein ? Parce que je cherche une solution pour conserver la garde alternée de mes deux jeunes enfants, que je ne me résous pas à les laisser davantage à leur mère.

Depuis cet été, des hommes et des femmes, orfèvres du vin m'ont proposé d'être leur fenêtre sur Paris auprès de cavistes et de restaurateurs. Là, je balbutie.

J'ai fait aussi ma première animation-dégustation payante.

Et j'ai aimé cela.

Qui je suis ? Un amoureux du vin et de l'humain, qui n'arrive pas à faire des sacrifices, qui a beaucoup de doutes, qui a peur du R.S.I, qui a peur de perdre le peu qu'il a, qui voudrait savoir ce que sera demain.

Ce que je sais, c'est que je suis vivant et tellement confiant quand je suis en présence d'inconnus que je rassemble autour de vins, quand j'écris et retranscris les merveilles bues et découvertes.

A tout bientôt,

Caillou

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